Interpellation violente à Paris : "C’est à la justice de déterminer très clairement ce qu'il s'est passé", selon Alternative Police CFDT

Denis Jacob, secrétaire général d'Alternative Police CFDT, réclame sur franceinfo à ce que toute la lumière soit faite sur les conditions de l'interpellation d'un producteur de musique, à Paris, passé à tabac par des policiers.

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Le dossard d'un agent de police, le 3 décembre 2019 à Lille. Photo d'illustration. (DENIS CHARLET / AFP)

La police des polices a été saisie après la diffusion d'images montrant trois policiers s'en prendre violemment à un producteur de musique dans le 17e arrondissement de Paris, samedi 21 novembre. Des images du passage à tabac de cet homme par des policiers ont été diffusées ces dernières heures, jeudi, sur les réseaux sociaux.

>> Trois policiers suspendus et l'IGPN saisie après des violences contre un producteur de musique à Paris : ce que l'on sait de cette affaire

Les trois policiers mis en cause ont été suspendus, indique jeudi une source proche du dossier à franceinfo, confirmant une information de l'AFP. Cette affaire intervient en pleine polémique autour de la proposition de loi sur la "sécurité globale". Denis Jacob, secrétaire général d'Alternative Police CFDT s’est dit jeudi 26 novembre sur franceinfo "très circonspect par rapport à cette affaire". Pour lui, "c’est à la justice de déterminer très clairement et très rapidement ce qu'il s'est passé."

franceinfo : Que vous inspirent ces images ?

Denis Jacob : Je suis très circonspect par rapport à cette affaire parce qu'effectivement, on a des images qui montrent des policiers qui usent de la force pour maîtriser une personne. Pourquoi ? Comment ? À ce jour, moi je ne le sais pas mais il est évident que je me félicite déjà que Gérald Darmanin ait saisi l'IGPN sans tarder, que la justice soit saisie, qu'une enquête soit diligentée afin qu’on puisse établir très clairement et surtout très rapidement les faits et les circonstances dans lesquelles s'est passée cette interpellation. Et si l'enquête établit très clairement que les collègues se sont comportés comme ils n’auraient pas dû le faire, c'est-à-dire sans respecter le code de déontologie, et bien c'est tout à fait condamnable, indéfendable et bien évidemment ils devront faire l’objet d'une sanction à la hauteur de la gravité des faits.

"Le problème, c’est que sur cette vidéo, on voit le moment de l’interpellation et on ne sait pas ce qu’il s'est passé avant et pour quel motif ils ont voulu interpeller cet individu."

Denis Jacob, secrétaire général d'Alternative Police CFDT

à franceinfo

Alors il y a une affaire classée sans suite par le parquet, il y aurait des faux en écriture concernant le déroulement donc si tout cela est confirmé par l'enquête, c’est tout simplement scandaleux. La police n'a pas besoin de ce type de comportement dans un contexte déjà très difficile d’image de la police nationale par rapport à d'autres affaires qui jettent l'opprobre sur toute une institution pour des comportements individuels et qui restent fort heureusement encore très minoritaires. Mais ces comportements très minoritaires ne devraient de toute façon pas exister.

Denis Jacob, quel que soit le contexte, quel que soit ce qui s'est passé avant, est-ce qu'en voyant ces images, vous ne vous êtes pas dit que de toute façon, cette violence était exagérée, disproportionnée ?

Malheureusement non, moi je ne suis pas là pour défendre l'indéfendable, je suis aussi fonctionnaire de police. Quand je vois des images de collègues qui essayent d'interpeller un individu qui, de toute façon, ne veut pas se laisser interpeller, je me dis qu'ils ont affaire à quelqu'un qui a commis à minima un délit et qu'ils essayent de l'interpeller parce qu’ils sont là pour faire leur travail et pour le conduire au commissariat, le placer en garde à vue, le présenter à un officier de police judiciaire et, le cas échéant, le déférer auprès de la justice. Voilà ce que je dis, moi, quand je vois les images.

Vous ne vous dites pas que c’est trop violent ? Que ça dure trop longtemps ?

Mais quand vous avez un individu du gabarit de ce monsieur, vous avez quand même vu qu'il y avait trois fonctionnaires de police qui essayaient de le maîtriser. La vidéo dure neuf minutes et ils n'arrivent pas à le maîtriser. En plus, ils interviennent dans une partie du local qui est quand même très petite donc c'est quand même difficile d'arriver à maîtriser un individu dans ce genre d'environnement. Maintenant, je me répète, ce sont les images que j'interprète, comme d'ailleurs d'autres peuvent l'interpréter différemment. Après, il y a le témoignage de la victime, là c'est autre chose. Il y a deux versions qui s'opposent, celle de ce monsieur et celle des policiers. Donc c'est à la justice de déterminer très clairement et très rapidement ce qui s'est passé.

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