Fresques contre les violences policières en Seine-Saint-Denis : “Plus on va tolérer ce genre de choses, plus on va attiser la haine envers les policiers”, prévient le syndicat Alliance

Le syndicat de police renonce à manifester devant une fresque en hommage à Adama Traoré et George Floyd. Les proches d'Adama Traoré ont appelé à se réunir, eux aussi, devant cette fresque.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
La manifestation du 6 juin 2020 contre les violences policières en mémoire d’Adama Traoré (NATHANAEL CHARBONNIER / ESP - REDA INTERNATIONALE)

Le syndicat de police Alliance a renoncé à manifester à Stains lundi 22 juin (Seine-Saint-Denis) devant une fresque "contre le racisme et les violences policières", représentant les visages d'Adama Traoré et George Floyd. Ce renoncement est dû au fait que les proches d'Adama Traoré ont appelé à une contre-manifestation devant cette même fresque.

A la place, les policiers manifestent lundi 22 juin devant la préfecture à Bobigny et doivent être reçus par le préfet. Ils dénoncent l'amalgame fait selon eux entre racisme, violences et police. "On vient encore stigmatiser une profession, la profession de policier, c'est attiser la haine envers les policiers", a dénoncé sur franceinfo Grégory Goupil, secrétaire du syndicat Alliance pour la Seine-Saint-Denis. "Plus on va tolérer ce genre de choses, plus on va attiser la haine envers les policiers", estime-t-il.

franceinfo : Vous deviez à l'origine aller manifester à Stains. Vous êtes finalement à Bobigny. Pourquoi avoir changé d'avis?

Grégory Goupil : On est des policiers et on respecte les lois républicaines. On n'est pas là pour troubler l'ordre public. Il ne nous paraissait pas forcément judicieux de rester sur Stains lorsqu'il y a eu des appels de différents collectifs à venir faire une contre-manifestation. On n'est pas là pour qu'il y ait des débordements donc on a décidé de manifester sous les fenêtres de la préfecture afin d'être reçus par le préfet.

Que demandez-vous au préfet ?

On demande que les policiers soient respectés dans l'exercice de leurs missions. Encore une fois, on ne demande pas à ce que cette fresque soit repeinte. Ca, c'est ce que dit la soeur d'Adama Traoré pour attiser la haine. Nous, en aucun cas, on demande que cette fresque soit retirée. On souhaite simplement que soit retiré le mot “policières”. Non au racisme, non à la violence oui, mais “violences policières” cela nous pose problème puisqu'on vient encore stigmatiser une profession, la profession de policier et c'est ce qui nous pose réellement souci. C'est attiser la haine envers les policiers. C'est le maire PCF de Stains qui a inauguré cette fresque en grande pompe, et c'est une incompréhension de la part de nos collègues de Stains.

Le maire de Stains estime qu'il fallait dénoncer les comportements inadmissibles de certains policiers, que lui repondez-vous ?

Il y a aussi des comportements d'individus sur sa commune qu'on pourrait dénoncer, c'est une commune qui est relativement criminogène avec des règlements de comptes. Il y a quand même eu plusieurs morts. Je pense que stigmatiser la police, c'est faire de la politique et satisfaire un certain électorat. Je pense qu'aujourd'hui, quand on est élu, on doit être responsable et on ne doit pas stigmatiser la police française. Et on demande au ministre de l'Intérieur de se saisir de cette affaire puisque les fresques aujourd'hui sont en train de fleurir un petit peu partout. Il y a Stains, il y a également Pantin avec un policier qui a une cagoule du Ku Klux Klan sur la tête, qui est en train de pointer son arme sur un enfant qui lui tend des bonbons. Ca n'a pas sa place sur le territoire français. La police française n'agit pas de cette manière-là. Et plus on va tolérer ce genre de choses, plus on va attiser la haine envers les policiers. Non, la police n'est pas raciste. Non, la police n'est pas violente. La police fait son travail avec de grandes difficultés, avec peu de moyens, et on demande au ministre de l'Intérieur qu'on ait des conditions de travail acceptables, des moyens pour travailler et qu'à un moment donné, les choses se renversent dans ce pays, notamment avec les décisions de justice qui, aujourd'hui, ne permettent pas aux policiers de faire leur travail convenablement puisqu'il y a un sentiment d'impunité avec des décisions de justice qui sont font parfois beaucoup trop faibles au vu de la situation.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.