Affaire Gabriel : l'adolescent gravement blessé lors de son arrestation entendu par l’IGPN, les policiers plaident l’accident

Opéré mercredi 3 juin pour plusieurs fractures du plancher de l’orbite, le jeune homme a détaillé son interpellation musclée. Au médecin qui l'examine, il confie avoir eu peur de mourir.

Une manifestation s\'est tenu lundi 1er juin, à Bondy, pour dénoncer l\'arrestation de Gabriel, un adolescent de 14 ans gravement blessé lors de son interpellation.
Une manifestation s'est tenu lundi 1er juin, à Bondy, pour dénoncer l'arrestation de Gabriel, un adolescent de 14 ans gravement blessé lors de son interpellation. (HAJERA MOHAMMAD / FRANCE-BLEU PARIS)

Gabriel, l’adolescent de 14 ans gravement blessé lors de son interpellation à Bondy (Seine-Saint-Denis) la semaine dernière, a été entendu jeudi 4 juin, dans la matinée, pendant plus de deux heures par les enquêteurs de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices". De leur côté, les policiers concernés - qui n’ont pas encore été entendus - plaident l’accident et nient toute intention de blesser le jeune homme, selon les informations recueillies par franceinfo.

L'adolescent a eu peur pour sa vie

L’adolescent a pu raconter, devant les enquêteurs, sa version des faits. Opéré mercredi 3 juin pour plusieurs fractures du plancher de l’orbite, le jeune homme a détaillé son interpellation musclée. Gabriel affirme que les policiers l’ont surpris en train de tenter de voler un scooter. Il prend la fuite mais est rattrapé par un agent, qui le plaque au sol. Un autre lui assène plusieurs coups de pied au visage. En plus de ses blessures sous l’oeil, l’adolescent a plusieurs dents cassées, il vomit et crache du sang. Il confie au médecin qui l’examine avoir eu peur de mourir.

Les policiers parlent d'une chute

De leur côté, les policiers plaident l’accident. Selon eux, l’un des agents a plaqué Gabriel pour le menotter. Les deux sont tombés au sol violemment. Un autre fonctionnaire est alors arrivé en courant par derrière, et a trébuché sur les deux corps. C’est à ce moment que son pied ou sa jambe a pu heurter le visage de Gabriel, explique une source policière à franceinfo. Il n’y a eu, en tout cas, "aucune intention de blesser l’adolescent, ni aucun coup porté", a poursuivi cette source qui explique que Gabriel était "très virulent" durant toute l’interpellation.

En plus de la plainte à l’IGPN, les parents de Gabriel ont déposé une deuxième plainte pour violences aggravées auprès du parquet de Bobigny. Lundi 1er juin, une manifestation a réuni une centaine de personnes à Bondy, en soutien à l’adolescent.