Violences policières : "J'attends de nos policiers et de nos gendarmes la plus grande déontologie", déclare Emmanuel Macron

Face à de nouvelles accusations de violences policières, le gouvernement a décidé d'infléchir sa rhétorique en appelant les forces de l'ordre à "l'exemplarité".

Emmanuel Macron à Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 14 janvier 2020.
Emmanuel Macron à Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 14 janvier 2020. (GEORGES GOBET / AFP)

"J’attends de nos policiers et de nos gendarmes la plus grande déontologie." En déplacement à Pau (Pyrénées-Atlantiques), mardi 14 janvier, Emmanuel Macron s'est exprimé sur les récentes accusations de violences policières. Il a demandé au ministère de l'Intérieur des "propositions très concrètes" pour "améliorer la déontologie" des forces de l'ordre.

"Il y a eu des comportements qui ne sont pas acceptables", a déclaré le président, précisant qu'il ne voulait pas "en faire la majorité du genre". "Mais, en aucun cas, je ne veux que ce sujet vienne cacher la violence profonde qui existe dans notre société et dont les forces de sécurité intérieure sont les premières victimes", a-t-il affirmé.

Face à de nouvelles accusations de violences policières, le gouvernement a décidé depuis plusieurs jours d'infléchir sa rhétorique en appelant les forces de l'ordre à "l'exemplarité" avec un "usage juste et proportionné de la force".

Castaner appelle à "l'éthique" de la police

Deux jours après avoir déjà rappelé les forces de l'ordre à leur professionnalisme et à leur déontologie, devant un panel de citoyens, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a enfoncé le clou, lundi, en consacrant une bonne partie de ses vœux à la police nationale en rappelant leur devoir "d'exemplarité" et l'importance de "l'éthique", à l'Ecole nationale supérieure des officiers de police (Ensop) de Cannes-Ecluse (Seine-et-Marne).

"L'usage juste et proportionné de la force est ce qui sépare la démocratie de l'arbitraire, ce qui distingue l'ordre et la brutalité, c'est le fondement, aussi, de notre confiance avec les Français", a fait valoir le ministre de l'Intérieur. Il a rappelé par ailleurs l'engagement quotidien des policiers, endeuillés lundi par le décès d'un des leurs, renversé dans la nuit de vendredi à samedi par un malfaiteur près de Lyon.

"C'est l'honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser, à abaisser la police", a complété le ministre, une référence explicite à une vidéo montrant un policier faisant un croche-pied à une manifestante à Toulouse. Christophe Castaner a également souligné l'obligation pour les policiers de porter leur numéro d'identification, dit RIO.