Une enquête ouverte après des violences entre des supporters nîmois et la police

En raison d'un arrêté préfectoral, plus de 200 supporters nîmois n'ont pas pu se rendre à Marseille, samedi. Econduits par la police jusqu'à Nîmes, ils dénoncent l'intervention musclée des CRS. De son côté, la police affirme que plusieurs policiers ont été blessés par les supporters.

Des supporters nimois lors d\'un match contre l\'OL, le 24 mai 2019.
Des supporters nimois lors d'un match contre l'OL, le 24 mai 2019. (PASCAL GUYOT / AFP)

Des heurts ont éclaté, samedi 21 décembre au soir, à Nîmes entre des supporters nîmois empêchés de se rendre à Marseille pour le match OM-Nîmes et les forces de l'ordre, déclenchant l'ouverture d'une enquête, a-t-on appris lundi 23 décembre auprès du parquet de Nîmes.

Samedi après-midi, des supporters des Crocodiles, qui avaient prévu de se rendre en nombre au match OM-Nîmes à Marseille, ont été refoulés par la police au péage de Lançon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Les supporters étaient plus de 500, dans plusieurs cars, alors qu'un arrêté préfectoral limitait leur présence à 200 personnes.

Ces supporters éconduits ont été escortés par la police jusqu'à leur retour, à Nîmes, sur le parking du stade des Costières, où des incidents avec la police ont éclaté. "C'était le chaos total", a décrit Cyril Roure, président du groupe des Nemausus. "Les CRS nous attendaient en rangs d'oignon, on est tombé dans un guet-apens", a-t-il dénoncé, évoquant "plusieurs bombes de désencerclement, des coups, des insultes, alors que nous étions sous la pluie, pacifiques, avec des enfants et des petits vieux."

Un policier blessé par le jet d'une bouteille d'urine

Au parquet de Nîmes, le procureur adjoint Stanislas Vallat a une toute autre version : il a indiqué qu'une enquête avait été ouverte pour des violences sur une personne dépositaire de l'autorité publique. "Un supporter a jeté samedi, un peu après 22 heures, une bouteille pleine d'urine sur un véhicule de police. Un policier a été blessé et dispose de 5 jours d'ITT suite à cet incident", a-t-il indiqué.

Ce supporter a été placé en garde à vue samedi soir, et était toujours entendu lundi matin par les policiers, a ajouté le parquet. L'homme, qui réfute les faits, "a lui-même porté plainte contre des policiers en dénonçant des violences illégitimes à son encontre de la part des forces de l'ordre", a précisé le procureur adjoint.

"On préparait ce déplacement depuis plus d'un mois, car on est interdit de stade à Montpellier, alors pour Marseille il y avait beaucoup de demandes, donc malgré l'arrêté et avec l'accord du club, on a voulu y aller", a expliqué Cyril Roure. Le président du club de supporters a aussi dénoncé des violences policières sur le trajet du retour entre Lançon-de-Provence et Nîmes, lors d'une pause d'un chauffeur de bus à Salon-de-Provence. "Là, la police qui nous escortait est montée dans le bus et a gazé le chauffeur, le forçant à reprendre la route alors qu'il ne voyait plus rien", a-t-il décrit. Plusieurs supporters ont posté des vidéos sur les réseaux sociaux montrant des heurts avec la police.

La préfecture assure de "la justesse de l'évalution des risques"

"À leur arrivée au stade des Costières, les forces de l'ordre étaient la cible de jets de projectiles et d'engins pyrotechniques qui se trouvaient à bord du bus, des véhicules de la police étaient endommagés et deux fonctionnaires de police blessés. Les fonctionnaires faisaient alors usage de gaz lacrymogènes afin de disperser les fauteurs de troubles", a déclaré de son côté la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

"Sur le trajet, l'un des bus a tenté de quitter le cortège à plusieurs reprises, obligeant l'escorte à intervenir", a de son côté assuré la préfecture de police. "Le bus s'est notamment arrêté sur l'autoroute, contraignant la police à faire usage de gaz lacrymogène afin d'éviter que les passagers ne débarquent." "Par leur attitude, les supporters, qui n'ont pas respecté les termes de l'autorisation de déplacement encadré, ont démontré la justesse de l'évaluation initiale des risques liés à leur déplacement", a conclu la préfecture.