Policier incarcéré à Marseille : syndicats de magistrats et autorités judiciaires s'insurgent contre les propos du patron de la police

Le directeur général de la police nationale a souhaité que soit libéré un policier de la BAC de Marseille incarcéré dans le cadre d'une enquête sur des violences policières commises en marge des émeutes début juillet.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le directeur général de la police nationale, Fédéric Beaux, lors d'une conférence de presse à Valence (Drôme), le 13 mai 2023. (FABRICE ANTERION / MAXPPP)

Les deux principaux syndicats de magistrats ont jugé "gravissimes", lundi 24 juillet, les propos du patron de la police nationale selon qui "avant un éventuel procès, un policier n'a pas sa place en prison". Dans un entretien au Parisien, Frédéric Veaux a exprimé son souhait que soit libéré un policier de la BAC de Marseille incarcéré dans le cadre d'une enquête sur des violences policières commises en marge des émeutes début juillet.

"Le directeur général de la police nationale, sous la tutelle du ministre de l'Intérieur, fait pression sur l'autorité judiciaire dans une affaire individuelle. (...) Le président de la République doit réagir", a par exemple écrit le Syndicat de la magistrature sur Twitter.

"Il y a un principe fondamental dans une démocratie : la loi est la même pour tous. Les policiers qui commettent des infractions dans l'exercice de leurs fonctions sont passibles de sanctions pénales", comme les autres justiciables, a également souligné la présidente du Syndicat de la magistrature, Kim Reuflet, auprès de l'AFP.

Une sortie jugée incompatible avec "l'état de droit"

Les propos du patron de la police nationale sont "scandaleux" et "gravissimes dans un état de droit", a également réagi Cécile Mamelin, vice-présidente de l'Union syndicale des magistrats. "C'est stérile et dangereux. On attend une réaction au plus haut niveau de l'Etat pour remettre les pendules à l'heure", a-t-elle déclaré à l'AFP. "Une détention provisoire répond à des critères précis, légaux (...), c'est une décision de justice qui ne préjuge en rien de la culpabilité et qui peut faire l'objet de voies de recours", a-t-elle ajouté. 

L'affaire a mobilisé le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui rappelle que la justice est "la seule légitime pour décider du placement ou non en détention provisoire des personnes qui lui sont présentées". Une "mise au point" résolue du CSM, qui est le garant de l'indépendance de la justice.

Pour sa part, le président du tribunal judiciaire de Marseille, Olivier Leurent, a rappelé dans un communiqué lundi que "l'indépendance de la justice est un principe constitutionnel". Il est aussi revenu sur la procédure, qui a suivi un déroulement classique et attend l'examen d'un appel en cours. "Il est de la responsabilité de chacun de garantir la sérénité du cours de la justice", a exhorté Olivier Leurent.

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