Insécurité : "Il y a une banalisation dans notre pays de la violence, voire même de l'ultra violence" assure le maire de Saint-Germain-en-Laye

Dans une tribune publié dans le Journal du Dimanche, 18 maires de droite réclament des pouvoirs étendus pour leurs police municipales. Interrogé sur franceinfo dimanche, l'un des signataires, le maire de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) Arnaud Péricard, réclame notamment un "accès au fichier des permis de conduire". 

Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye, le 4 juin 2019
Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye, le 4 juin 2019 (FRANCEINFO)

“Il y a une banalisation dans notre pays de la violence”, a déclaré sur franceinfo ce dimanche le maire divers droite de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) Arnaud Péricard, signataire d’une tribune dans le Journal du Dimanche pour réclamer comme à Nice plus de pouvoir pour leurs polices municipales. 

Avec 17 autres maires, il demande notamment un accès plus large aux informations. “On est obligé à chaque fois de faire une réquisition ou une demande au commissariat ou aux agents de la police nationale, pour l’accès au fichier des permis de conduire par exemple”, a expliqué le maire élu en juin dernier. 

franceinfo : Vous demandez à bénéficier aussi de l’extension des compétences de la police municipale sur votre commune ?  

Arnaud Péricard : Bien sûr. Il y a un double constat. Le ministre de l'Intérieur parlait d'État d'ensauvagement. Je crois que le terme n'est pas galvaudé. Il y a une banalisation dans notre pays et nous le regrettons de la violence, voire même de l'ultra violence. C'est le premier constat.

Vous cautionnez l’utilisation du terme d’ ”ensauvagement” employé par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ?

Il est conforme à la réalité du terrain. Il n'y a pas une ville de France aujourd'hui épargnée par ces questions-là. Que vous soyez dans la ruralité ou dans des zones urbaines, nous les maires, surtout dans cette phase de déconfinement, avons été et sommes toujours confrontés à des difficultés de maintien de l'ordre public.

Le deuxième constat que je voulais faire, c'est que l'Etat ne peut plus tout faire. Aujourd'hui, la Sécurité publique est une coproduction entre l'Etat et les collectivités locales. Mais pour que ça fonctionne bien sur une jambe droite et sur une jambe gauche, il faut que les deux jambes aient les mêmes prérogatives et les mêmes pouvoirs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. 

Vous dites dans cette tribune souhaiter que cela passe notamment par la signature d'une convention entre le maire, le préfet et les procureurs. Quelle est la nouveauté?

Ce qui est nouveau, c'est l'accès aux informations.

Aujourd'hui, les policiers municipaux n'ont pas accès aux informations.Arnaud Péricardà franceinfo

On est obligé à chaque fois de faire une réquisition ou une demande au commissariat ou aux agents de la police nationale, pour l’accès au fichier des permis de conduire par exemple. Avoir accès aux fichés S aussi. 

Il y avait déjà un premier conventionnement qui  était prévu avec le parquet. Je pense que ce triptyque préfectures, parquets, collectivités est un triptyque qui fonctionne bien sur le terrain. L'un des enseignements de la crise sanitaire que nous avons vécu, c'est de remettre au cœur de l'action sanitaire et de la santé publics les collectivités locales. Je pense que ce sera également l'une des grandes avancées parce qu'on l'a bien vu, l'Etat ne peut pas tout faire et c'est bien normal. Et là, je pense que les collectivités vont être amenées dans les prochains mois, voire les prochaines années, à avoir un rôle central dans l'organisation des soins, des crises sanitaires et de la santé sur leur territoire.