Info franceinfo Un quart des policiers sont confrontés à des pensées suicidaires, selon un baromètre de la Mutuelle des forces de sécurité

En moyenne, 44 policiers se donnent la mort chaque année depuis 25 ans. C’est 50% de plus que le reste de la population, pointe la Mutuelle qui alerte sur leur état de santé psychologique.

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Radio France
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Des policiers rassemblés, au lendemain du suicide de l'un de leurs confrères, à Montpellier, le 19 avril 2019 (illustration). (SYLVAIN THOMAS / AFP)

"Un quart des policiers" sont confrontés "à des pensées suicidaires", selon un baromètre de la Mutuelle des forces de sécurité (MGP) que franceinfo révèle lundi 7 juin, en exclusivité avec Le Monde. Ils sont plus de 6 000 agents à avoir répondu au questionnaire à travers toute la France, entre février et mars dernier.

Ces 25 dernières années, "plus de 1 100 policiers se sont suicidés", soit, en moyenne, 44 suicides par an. À titre de comparaison, c’est 50% de plus que le reste de la population. L’état de santé psychologique des policiers est inquiétant et doit être une "priorité", affirme le président de la Mutuelle des forces de sécurité, Benoît Briatte.

"40% des policiers en détresse psychologique"

D’après les résultats, "40% des policiers sont en détresse psychologique", 24% ont même envisagé de se suicider ou ont entendu des collègues vouloir le faire au cours des 12 derniers mois. Une tendance bien au-dessus de la moyenne nationale. Les plus jeunes professionnels, les 30-34 ans, sont les plus touchés, selon cette étude. Ils disent manquer de temps pour accomplir leurs tâches et avoir des difficultés à jongler entre vie privée et vie professionnelle.

Par ailleurs, les tensions avec la population pèsent sur le moral des policiers interrogés. Mais ce sont surtout les conditions de travail qui constituent un point de bascule, quand l’atmosphère avec les collègues n’est pas bonne ou que la hiérarchie n’est pas à l’écoute. Dans ce cas, c’est presque la moitié des forces de police concernées qui pensent au suicide.

Conditions et environnement de travail en cause

Un constat alarmant, alors que les policiers français sont plutôt en bonne santé. Ils font plus de sport, fument et boivent moins que l’ensemble des Français, même s’ils souffrent d’hypertension (24%) et de problème de dos (21%) lié au poids de l’équipement. Selon le baromètre de la Mutuelle des forces de sécurité, la  santé mentale des policiers est nettement "corrélée aux conditions d'exercice du travail et à l'environnement professionnel".

Pour aider les policiers sur les enjeux liés à la santé mentale, le président de la Mutuelle des forces de sécurité, Benoît Briatte, dit vouloir encourager et faciliter l’accès "aux consultations psychologiques", ainsi que les actions de prévention dans les commissariats pour améliorer leur bien-être au travail et donc leur santé psychologique qui doit être "au cœur des débats".

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