Etudiant éborgné à Rennes par un tir de LBD : un policier renvoyé devant le tribunal

L'agent de police comparaîtra "pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une ITT de plus de trois mois", a précisé vendredi le parquet général. La justice avait prononcé un non-lieu en 2020 pour les deux policiers mis en cause lors de l'enquête.

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L'étudiant éborgné à Rennes (Bretagne), le 31 janvier 2019. (DAMIEN MEYER / AFP)

Un policier, mis en cause dans l'enquête sur Jean-François Martin, un étudiant éborgné par un tir de LBD à Rennes en 2016, est renvoyé devant le tribunal correctionnel, a annoncé vendredi 26 novembre le parquet général. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes a ordonné le renvoi d'un des deux policiers mis en cause dans cette enquête. Le policier comparaîtra "pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une ITT de plus de trois mois", a précisé le parquet général.

La chambre de l'instruction a ainsi partiellement infirmé l'ordonnance de non-lieu rendue en mai 2020. Ce non-lieu avait été motivé par le fait que l'auteur du tir n'avait pu être "identifié avec certitude". L'étudiant en géographie, alors âgé de 20 ans, avait été blessé lors d'une manifestation le 28 avril 2016 par un tir de LBD 40 (lanceur de balles de défense) et avait perdu l'usage de son œil gauche, qui avait dû être énucléé. Il avait fait appel de l'ordonnance de non-lieu.

"Très important pour toutes les victimes de violences policières"

Deux policiers avaient fait usage de leur arme au moment des faits et avaient été placés sous le statut de témoin assisté pour "violences volontaires ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente par personne dépositaire de l'autorité publique". En janvier 2020, le Défenseur des droits avait réclamé des poursuites disciplinaires contre les deux policiers "pour usage disproportionné de la force".

Ce renvoi devant le tribunal correctionnel est "une excellente nouvelle pour Jean-François Martin et sa famille et on s'en félicite", a réagi auprès de l'AFP leur avocat, Me Arié Alimi. "C'est très important pour toutes les victimes de violences policières", a-t-il souligné, relevant qu'il y avait "peu de renvois devant un tribunal pour un tir de LBD".

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