DIRECT. Attaque au couteau à Trappes : l'assaillant avait des "problèmes psychiatriques", la qualification terroriste pas retenue pour l'instant

L'assaillant a été tué par la police vers 10h30 après s'être retranché dans un pavillon. Les victimes sont sa mère et sa soeur.

Des policiers après une attaque au couteau perpétrée à Trappes (Yvelines), le 23 août 2018.
Des policiers après une attaque au couteau perpétrée à Trappes (Yvelines), le 23 août 2018. (PHILIPPE WOJAZER / REUTERS)
Ce qu'il faut savoir

La piste terroriste n'est pas retenue pour l'instant par les autorités. Un homme a tué sa sœur et sa mère, et a grièvement blessé une passante, jeudi 23 août, lors d'une attaque au couteau à Trappes (Yvelines). L'auteur des coups de couteau, Kamel Salhi, qui présentait des "problèmes psychiatriques importants" selon le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, a été abattu. Suivez les dernières informations dans notre direct.

Les policiers appelés à 9h30 pour "un différend sur la voie publique"Une fois sur place, ils ont trouvé deux personnes qui gisaient au sol, a expliqué Gérard Collomb lors d'un point presse à la mi-journée. "L'auteur du crime était rentrée dans la villa qui appartenait à sa mère, c'est là qu'il [l'a] tuée, a poursuivi le ministre de l'Intérieur. Les policiers ont fait des sommations, la personne a continué à avancer (...) donc les policiers ont tiré et [l'assaillant] est décédé." Plusieurs témoins affirment avoir entendu cet homme crier "Allah akbar" au moment des faits.

Deux femmes sont mortes, une troisième est grièvement blessée. Les deux victimes sont la mère et la sœur de l'assaillant, la femme blessée n'avait, elle, visiblement pas de lien avec l'individu.

L'assaillant présentait des "problèmes psychiatriques importants". C'est ce qu'a affirmé le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Kamel Salhi, né en 1982, était aussi fiché au FSPRT, le Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, et connu pour des faits d'apologie du terrorisme, a ajouté le ministre de l'Intérieur. Mais selon le ministre de l'Intérieur, il s'agit plutôt d'un homme "déséquilibré" que quelqu'un "d'engagé" auprès d'une organisation terroriste.

 Une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique. "L'auteur de l'attaque (...) est l'un des combattants de l'Etat islamique", a affirmé l'organisation via son agence de presse Amaq. Pour autant, la qualification terroriste n'a pas été retenue par les autorités à l'heure actuelle. 

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #TRAPPES

22h48 : Notre journaliste Lucas Valdenaire s'est rendu à Trappes (Yvelines), dans le quartier où vivait l'homme qui a tué au couteau sa mère et sa sœur. Parmi les riverains, peu nombreux sont ceux qui croient à un acte terroriste. Voici son reportage.




(THOMAS SAMSON / AFP)

22h20 : Je vous laisse la responsabilité de votre analyse, @anonyme, mais sachez que la saisine de l'IGPN est loin d'être inhabituelle dans de pareilles circonstances. Dans son dernier rapport d'activité daté de juin, la police des polices indiquait que "le recours à l’arme létale, qu’il s’avère ou non légitime in fine, entraîne l’ouverture quasi systématique d’une enquête judiciaire souvent confiée à l’IGPN pour marquer l’objectivité et l’impartialité des investigations qui seront engagées".

21h08 : Vérifier la régularité des tirs policiers...Je rêve ! Bientôt une mise en examen d'un flic pour avoir éliminé un islamiste....Ce système veut paralyser les policiers et livrer la population à l'insécurité !

20h55 : Bonsoir Joël, et merci pour votre commentaire. La question que vous soulevez est intéressante, et sans doute trop vaste pour y répondre définitivement en quelques mots. Pour alimenter votre réflexion, je vous signale simplement que le parquet antiterroriste n'a pour l'heure pas été saisi dans l'affaire de l'attaque au couteau de Trappes, bien que l'assaillant ait prononcé "Allah Akbar, si vous rentrez je vous fume" à l'encontre des policiers. Les enquêteurs cherchent pour l'heure à déterminer si Kamel S. a agi dans un cadre terroriste, ou s'il s'agissait d'un différend familial.

20h47 : Bonjour. Question d’ordre général sur les actes terroristes. (...) Crier « allah akbar » avant de s’en prendre à quelqu’un au couteau ou avec une quelconque arme, suffit-il a qualifier l’acte de terroriste? Il me semble que c’est léger et risque d’amener à beaucoup de confusion, voire à des manipulations. Cette expression signifie en francais « dieu est grand ». Cordialement. Joël Bellè

20h25 : L'assaillant de Trappes, Kamel S., fiché S, avait été condamné en 2003 pour une infraction militaire, a précisé le parquet de Versailles. Il a depuis fait l'objet de trois procédures distinctes qui n'ont pas donné lieu à poursuites. L'une de ces procédures concernait des faits d'apologie du terrorisme, classée sans suite en 2016 au motif que l'infraction était insuffisamment caractérisée.

20h26 : Le parquet précise également qu'une enquête de flagrance des chefs d'assassinat, tentative d'assassinat et menaces de mort sur personnes dépositaires de l'autorité publique a été confiée à la Direction régionale de la police judiciaire de Versailles. Le parquet antiterroriste n'est pour l'heure pas saisi. En outre, l'IGPN a été saisie pour vérifier la régularité de l'ouverture de feu par les policiers.

20h10 : Kamel S. continuant à avancer vers les policiers, ceux-ci ont alors utilisé leur arme de service. "Un projectile a atteint mortellement l'individu tandis qu'une seconde munition s'est fichée dans un véhicule en stationnement", écrit le parquet.

20h12 : L'auteur des coups de couteau est ensuite ressorti du logement et s'est avancé vers les policiers les mains dissimulées dans le dos, malgré les sommations des autorités. Les fonctionnaires ont alors utilisé leurs pistolets à impulsion électrique, en vain, rapporte le parquet.

20h08 : Arrivés sur les lieux, les policiers ont vu l'assaillant, Kamel S., sortir du domicile familial avec un couteau à la main. En se réfugiant à l'intérieur, il a lancé aux fonctionnaires : "Allah Akbar, si vous rentrez je vous fume", précise le parquet.

20h05 : Le parquet de Versailles (Yvelines) donne des précisions sur l'attaque au couteau survenue ce matin à Trappes. Outre la mère et la sœur de l'assaillant, qui ont été tuées, le parquet indique que le pronostic vital d'une résidente du quartier est toujours engagé.

19h50 : "Depuis un an, Daech est extrêmement opportuniste dans ses revendications, ce qui n'était pas le cas du temps de sa grande force."

Interrogé par franceinfo, Alain Rodier, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement, revient sur la revendication par l'organisation Etat islamique de l'attaque au couteau survenue à Trappes (Yvelines) ce matin. Il appelle à la prudence face à cette revendication.

18h49 : Profil d'un "déséquilibré" qui avait "déjà eu des problèmes de couple" et fiché pour apologie du terrorisme... Nous récapitulons dans un article ce que l'on sait de Kamel S., l'homme qui a été abattu après avoir tué sa mère et sa sœur ce matin à Trappes (Yvelines).

14h57 : La fiche S est une des branches du Fichier des personnes recherchées, le FPR. Ceux qui figurent dans le fichier S représentent une menace potentielle pour la sécurité nationale. Cela peut concerner des profils très différents; des personnes qui veulent commettre un attentat, des militants politiques qui peuvent mener des actions spectaculaires, comme des militants anti-nucléaires, anti-OGM, ou encore des hooligans. Vous pouvez consulter notre article pour plus de détails.

14h56 : Bonjour @anonyme. Le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) a été crée en 2015. Il recense exclusivement les personnes radicalisées au nom de la religion. Fin 2017, il contenait 12 000 personnes. Le FSPRT recensait par exemple Adam Djaziri avant sa tentative d’attentat manquée sur les Champs-Elysées en juin 2017.

14h52 : Quel est la différence entre un fiché S et un fiché FSPRT ?

15h02 : "Un dispositif de prise en charge médico-psychologique est mis en place au profit des personnes (voisins notamment) qui le souhaiteraient", après l'attaque au couteau qui a eu lieu ce matin à Trappes, annonce la préfecture des Yvelines. Cette cellule d'urgence est animée par le SAMU des Yvelines.

14h01 : "L'agresseur est connu des services de police pour être fragile psychologiquement et avoir déjà eu des problèmes de couple", a expliqué à franceinfo le directeur de cabinet du maire de Trappes, Rogatien Bouchereau.

13h31 : Depuis quelques années, face aux reculs militaires de son organisation, l'Etat islamique encourage ce type d'attaques "inspirées", plus compliquées à déjouer des services de renseignement. Hier, un enregistrement attribué au chef du groupe Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi appelait les partisans à poursuivre le "jihad".

13h25 : L'Etat islamique revendique deux types d'attaques, reprend Slate. Les attaques "planifiées", c'est à dire organisées par l'Etat islamique depuis ses zones de combat (comme celles du 13-Novembre) et les attaques dites "inspirées". Ces dernières sont effectuées par des partisans de l'EI qui n'attendent pas d'instruction précise et passent à l'acte au nom de l'organisation.

13h20 : Le 2 octobre 2017, l'EI avait aussi revendiqué la fusillade de Las Vegas (Etats-Unis), mais le FBI avait déclaré qu'il n'y avait pas de lien avec une organisation terroriste, note Le Monde. La diffusion de "preuves" est devenue moins automatiques, ce qui interroge sur la nature "opportuniste" de certaines revendications.

13h17 : Bonjour @Antoine. Il est difficile de parler de "fausses revendications", en revanche l'organisation a déjà revendiqué des attaques réellement commises en son nom avec des erreurs factuelles. C'était le cas notamment lors de l'attentat commis sur les Champs-Elysées en avril 2017. L'État islamique a salué l’action d’"Abou Youssef al-Belgiki" (Abou Youssef le Belge) alors que l’assaillant était français. De même, la revendication de l’attentat de Manchester en mai 2017 mentionnait qu’un "soldat du califat" avait placé des explosifs dans un stade, alors que l’assaillant s’était en réalité fait exploser, précise Slate.

13h14 : Bonjour Elise. L’Etat islamique a-t-il deja fait des fausses revendications comme cela pourrait etre le cas pour Trappes ce matin ?

13h13 : L'auteur des coups de couteau s'appelait Kamel Salhi. Il était né en 1982, était aussi fiché au FSPRT, le Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste.

13h11 : Le parquet de Paris confirme à franceinfo qu'il "ne s'est pas saisi à ce stade" de l'enquête. "Mais nous suivons de très près les premières investigations en observateur", indique le parquet, tout en précisant que "le procureur [François Molins] est sur place avec des membres de la section antiterroriste". A ce stade, l'enquête est menée par le parquet de Versailles.

12h59 : Située à 30 km à l'ouest de Paris, Trappes est une commune "à part" au milieu du riche département des Yvelines. La moitié de ses 30 000 habitants a moins de 25 ans, le taux de chômage y approche les 20%. La ville a vu une cinquantaine de ses habitants partir combattre en Irak et en Syrie depuis 2013, un record en Europe.

12h59 : Le téléphone et l'appartement de l'assaillant vont être analysés pour pouvoir comprendre ses motifs. Il a été abattu par les policiers de Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) alors qu'il sortait du pavillon où il s'était retranché.

12h48 : Le ministre de l'Intérieur s'est exprimé depuis le commissariat de Trappes.

12h44 : "Aujourd'hui, on a plutôt quelqu'un avec un problème psychiatrique important, fiché au FSPRT, connu pour des faits d'apologie du terrorisme. Mais plutôt avec un côté 'déséquilibré' qu'engagé. Pas quelqu'un qui pourrait répondre aux consignes de groupes terroristes, et Daech plus particulièrement."

Le ministre de l'Intérieur s'exprime sur place.

12h38 : "Le crime a été commis par le fils et le frère de deux victimes (...) Le criminel avait des problèmes psychiatriques importants. Les policiers ont été appelés à 9h30 pour un différend sur la voie publique. Quand ils sont arrivés, ils ont vu une personne gisant au sol."


12h36 : Voici des photos prises sur place. Vous pouvez suivre l'édition spéciale de franceinfo dans notre direct.







(Philippe Wojazer/REUTERS)

12h38 : Le fichier S a été créé dans les années 1960. Il servait à l'origine à surveiller les déplacements des espions, des diplomates des pays de l'Est et de leurs proches. Aujourd'hui, cette fiche est réservée aux individus menaçant potentiellement la sécurité nationale, aux islamistes radicaux, aux militants d'extrême gauche comme de l'ultradroite, aux hooligans ou, dans certains cas, aux altermondialistes. Explications dans notre article.

12h21 : "L'auteur de l'attaque dans la ville de Trappes (...) est l'un des combattants [du groupe] Etat islamique et a perpétré cette attaque à la faveur des appels à cibler des ressortissants des pays de la coalition" internationale anti-EI, a indiqué l'agence de propagande du groupe Amaq dans un tweet.

12h19 : Le ministre de l'Intérieur est arrivé à Trappes où il a salué les policiers. Le procureur de la République de Paris, François Molins, doit lui aussi se rendre sur place. Le parquet antiterroriste n'est pas saisi de l'enquête à ce stade, selon nos informations.

12h15 : La mère et la sœur de l'assaillant font partie des victimes, a appris franceinfo de sources policières

12h03 : @Ju2 Les deux morts dont nous parlons sont les deux victimes.

12h03 : Vous parlez de 2 morts : l’assaillant compris?

11h53 : François Molins, procureur de la République de Paris, se rend également sur place, d'après les informations de franceinfo.

11h50 : Selon CNews, le ministre de l'Intérieur se rend à Trappes pour faire un point sur l'enquête.

11h47 : Les enquêteurs cherchent à déterminer avec précision les liens entre l'assaillant et les victimes.

11h44 : Pour l'instant, le parquet antiterroriste ne s'est pas saisi de l'enquête.

11h41 : Le groupe Etat islamique revendique l'attaque. Une revendication à prendre avec prudence car la piste d'un "différend familial" n'est "pas encore écartée" par les enquêteurs.