Policier interpellé après la disparition de cocaïne à la PJ parisienne : où en est l'enquête ?

Un homme de la brigade des stups est actuellement en garde à vue à Paris. S'il nie les faits qui lui sont reprochés, plusieurs indices ont permis aux enquêteurs de mener des investigations rapides. Pour autant, les 52 kg de drogue n'ont pas été retrouvés.

Devant l\'entrée du \"36, quai des Orfèvres\", à Paris, le 1er août 2014.
Devant l'entrée du "36, quai des Orfèvres", à Paris, le 1er août 2014. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

L'enquête semble avancer très vite. Un brigadier de police a été interpellé samedi 2 août, soupçonné d'avoir volé une quantité inédite de 52 kg de cocaïne au 36 quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire (PJ) parisienne.

Cet homme de 34 ans affecté à la brigade des stupéfiants depuis plusieurs années, et dont le profil de "ripou" qui se dessine intrigue, a été interpellé samedi sur son lieu de vacances vers Perpignan, dans un supermarché, rapporte L'Indépendant. "Il a été appréhendé sans bruit, alors que son épouse et sa fille s'étaient éloignées", précise le quotidien régional.

Placé en garde à vue et entendu par la PJ de Perpignan, le suspect a été transféré à Paris, samedi soir, pour être interrogé par les enquêteurs de "la police des polices" (l'Inspection générale de la police nationale, IGPN). La garde à vue du policier, suspendu par le ministre de l'Intérieur, va durer jusqu'à mercredi midi, soit 96 heures. Francetv info revient sur les dernières avancées de l'enquête.

Les soupçons qui pèsent sur le policier

C'est le témoignage d'une policière chargée de contrôler l'un des sas d'accès à la PJ", qui a permis à la police des polices de l'identifier. Elle s’est souvenue avoir vu passer en pleine nuit un policier du "36", qui sortait avec deux gros sacs remplis de pains de drogue. L'exploitation de la vidéosurveillance a permis "d'établir une forte ressemblance entre cet individu et un fonctionnaire de police à la brigade des stupéfiants"

Outre ce témoignage décisif, pusieurs indices ont mis les enquêteurs sur la piste de ce policier des stups. Selon de tout premiers éléments d'enquête, il serait propriétaire de sept appartements à Perpignan et son train de vie qui intéresse les enquêteurs. Plus récemment, le suspect aurait eu un "comportement troublant", selon le Journal du Dimanche. "D'abord une curieuse demande de sa part pour accéder quelques secondes seulement à la salle des scellés, qui pourrait s'apparenter à un dernier repérage", écrit le JDD. Autre fait troublant : deux affaires "ont capoté" récemment à la brigade des stups.

Complicité, mobile... Les questions en suspens

Interrogé par l'IGPN, le brigadier "nie toute implication" dans cette affaire spectaculaire, selon Europe 1. Pour les enquêteurs, de nombreuses questions sont en suspens. Comment a-t-il pu accéder à la salle des scellés, fermée par une porte renforcée ? "Comment un simple brigadier s'est-il procuré la clé alors qu'il ne devrait en exister que trois exemplaires, normalement en possession du chef de service, de son adjoint et du chef d'état-major ?", s'interroge le JDD. Par ailleurs, selon une source policière citée par Le Parisien, "un policier ne pénètre jamais seul"dans la salle des scellés.

La question d'une éventuelle complicité au sein de la police n'est pas exclue. La question du mobile se pose aussi : a-t-il cherché à revendre les 52 kg de cocaïne ? Travaillait-il avec un trafiquant de drogue ? Enfin, autre mystère : où est passée la cocaïne ? Des perquisitions ont été menées samedi dans les appartements perpignanais du policier, ainsi qu'à son domicile parisien. Environ 7000 euros en espèces auraient été trouvés à Paris, selon i-Télé, mais pas la moindre trace de cocaïne. Selon le Parisien, elle pourrait déjà être de l'autre côté des Pyrénées.