Menacés de sanctions, les policiers manifestent de nouveau pour exprimer leur "ras-le-bol"

La manifestation-surprise de centaines de policiers, en pleine nuit à Paris, pour exprimer leur ras-le-bol a poussé mardi les autorités à adresser un ferme rappel à l'ordre à ces agents, même si elles ont dit comprendre leur "exaspération". Pour autant, de nombreux policiers restent mobilisés. 

Des policiers manifestent sur le Vieux-Port de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 19 octobre 2016.
Des policiers manifestent sur le Vieux-Port de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 19 octobre 2016. (BORIS HORVAT / AFP)

Vingt-quatre heures après leur manifestation qui visait à exprimer leurs ras-le-bol sur les Champs-Elysées à Paris, de nombreux policiers, pourtant menacés de sanctions, sont restés mobilisés dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 octobre. Quelque 400 d'entre eux se sont rassemblés à Evry (Essonne) où le directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone a reçu les chefs de brigade et de brigade anticriminalité de l'Essonne, d'où étaient partis de nombreux manifestants la veille. 

Ils ont abondamment hué leur patron lorsqu'il est reparti en voiture, appelant à sa démission. Jean-Marc Falcone avait condamné mardi la manifestation nocturne à Paris, qui est "contraire au devoir de réserve des policiers". Il a menacé de sanctions les manifestants

Une soixantaine d'autres se sont à nouveau réunis devant l'hôpital Saint-Louis à Paris, où est soigné un agent grièvement blessé lors de l'attaque au cocktail Molotov du 8 octobre à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, qui a exacerbé la colère des policiers. Par ailleurs, une centaine de policiers se sont rassemblés dans la nuit de mardi à mercredi à bord de leurs véhicules de service sur le Vieux-Port à Marseille.

Appel à l'apaisement et condamnation du directeur général de la police nationale

La "police des polices" (IGPN) va enquêter sur "les manquements individuels aux règles statutaires" après la manifestation sur les Champs-Élysées dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé pour sa part Jean-Marc Falcone. Les manifestants "fragilisent la police nationale", a-t-il asséné. Dans la soirée, lors d'une rencontre à Evry avec des syndicalistes et des responsables policiers du département, il a cependant "appelé à l'apaisement".

"Je comprends l'émotion des fonctionnaires de police. Je suis venu leur dire le soutien de la hiérarchie" après l'agression de leurs collègues, a-t-il ajouté, promettant de décider d'ici quinze jours "des suites à donner" à l'enquête de l'IGPN sur la manifestation "non autorisée""Je leur ai dit que je comptais sur eux" pour expliquer à leurs collègues "que maintenant ce mouvement de contestation doit s'arrêter".

"Notre hiérarchie n'a rien compris au malaise des fonctionnaires", pestait malgré tout devant l'hôtel de police d'Evry une policière venue soutenir ses collègues menacés de sanctions.