4 Vérités - Juppé : "le PS est en perdition et Hollande lui donne des boutons"

Alain Juppé est l'invité de Caroline Roux sur le plateau des 4 Vérités de France 2 ce mercredi 19 octobre.

France 2

"Les actes de violence ne sont jamais de bonnes manifestations, mais je comprends parfaitement l'état d'esprit de nos policiers aujourd'hui". Invité des 4 Vérités ce mercredi matin, Alain Juppé a commenté la nouvelle manifestation des forces de l'ordre, rassemblées pour exprimer leur colère cette nuit.

"Nous avons un président de la République qui passe son temps à dire ce qu'il ne devrait pas dire, de son propre aveu, un gouvernement dans lequel les ministres tirent à hue et à dia. Comment voulez-vous que ceux qui sont chargés du maintien de l'ordre se sentent soutenus ?", lance le candidat à la primaire de la droite.

"Assurer l'ordre public et la sécurité suppose d'abord une volonté politique et une autorité respectée. Or, aujourd'hui l'autorité de l'État n'est plus respectée", poursuit Alain Juppé. "Nos policiers sont soumis à un rythme de travail qui est extraordinairement soutenu, il faut attendre la fin du quinquennat pour qu'on se rende compte qu'il aurait fallu recruter des policiers supplémentaires."

"10 000 policiers supplémentaires"

Il faut leur "donner des moyens. J'ai proposé 10 000 policiers supplémentaire, 5 000 par redéploiement et 5 000 par recrutement. Il faut aussi une réponse pénale forte. Les policiers me disent souvent qu'ils reçoivent de leur autorité des consignes de retenue, presque d'abstention", explique Alain Juppé. Or, "il faut que force reste à la loi et assouplir les règles" de la légitime défense. Il dénonce notamment la suppression des "tribunaux correctionnels pour mineurs récidivistes de moins de 16 ans. C'est un très mauvais signal en matière de politique pénale".

Si le maire de Bordeaux est élu, "sa priorité sera de reconstruire un État fort qui se fasse respecter et construire 10 000 places de prison dès le début" de son quinquennat.

À propos de la lettre des partisans de François Hollande aux électeurs de gauche pour qu'ils ne votent pas à la primaire de la droite, Alain Juppé assure avec le sourire qu'il "ne demande pas les voix de la gauche. Je demande la voix de tous les Français qui veulent l'alternance, qui en ont marre de la gauche. C'est une primaire ouverte et, pour y participer, il faudra adhérer aux valeurs de la droite". Ce genre d'initiative est le signe, conclut-il, que "le PS est en perdition. Le chef de l'État lui-même donne des boutons à son parti".