Tuerie de la préfecture de police de Paris : qui est le jeune policier qui a abattu Mickaël Harpon ?

En poste depuis seulement six jours, ce gardien de la paix stagiaire de 24 ans a neutralisé, jeudi 3 octobre, l'auteur de l'attaque qui a fait quatre morts. Il tient à rester discret. 

Des policiers portent le cercueil d\'une des victimes de l\'attaque à la préfecture de Paris, le 8 octobre 2019.
Des policiers portent le cercueil d'une des victimes de l'attaque à la préfecture de Paris, le 8 octobre 2019. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Son "courage hors norme" et sa "maîtrise" ont été salués par Emmanuel Macron lors de la cérémonie d'hommage aux victimes de Mickaël Harpon, mardi 8 octobre. Le gardien de la paix stagiaire qui a neutralisé, jeudi 3 octobre, le tueur de l'attaque de la préfecture de police de Paris, vient pourtant tout juste de sortir de l'école.

A 24 ans, il sera bientôt décoré de la Légion d'honneur. Une disctinction qu'il n'a pas souhaité recevoir publiquement lors de la cérémonie d'hommage. Franceinfo vous en dit plus sur ce héros très discret.

Il n'était en poste que depuis six jours

C'était la première fois qu'il faisait usage de son arme de service. Le gardien de la paix stagiaire n'était présent à la préfecture que depuis six jours lorsqu'il a stoppé le périple meurtrier de Mickaël Harpon, jeudi 3 octobre. Tout juste sorti de formation, il venait d'être affecté à la compagnie de garde de la préfecture de police de Paris, qui a pour fonction de veiller sur les entrées du public dans le bâtiment, selon les informations de BFMTV

Auditionné par la brigade criminelle, il a livré un témoignage glaçant sur le déroulé de l'attaque. Vers 13 heures, il est interpellé par une femme en larmes, criant "Venez vite, il y a un terroriste dans la préfecture, il a déjà poignardé plusieurs collègues", rapporte RTL

Il s'est alors précipité dans la cour de la préfecture, muni d'un fusil d'assaut HK G36, et a aperçu Mickaël Harpon, un couteau à la main. Le gardien de la paix a fait "plusieurs sommations" pour demander à l'auteur de se rendre, jusqu'au moment où Mickaël Harpon, "qui progressait vers lui lentement, s'est mis à courir dans sa direction, en pointant son couteau", a détaillé Jean-François Ricard, procureur national antiterroriste. Le jeune homme a décrit à la brigade criminelle le regard "vide" et "déterminé" de l'assaillant. "Il semblait possédé", a-t-il ajouté. Le gardien de la paix a tiré à deux reprises pour le neutraliser. Il a confié aux enquêteurs de la brigade criminelle être "très choqué". 

Il a été formé à l'école nationale de police de Nîmes 

"Cela montre l'excellence de la formation de nos fonctionnaires", a réagi Didier Lallement, préfet de police de Paris, quelques heures après les faits. Le jeune homme a été formé pendant un an à l'école de police nationale de Nîmes (Gard). "Il s'agissait d'un élève de la 250e promotion" de l'école, a indiqué le commandant divisionnaire fonctionnel Sylvain Birembaut, chef du département des compétences de l'établissement, dans une interview donnée à L'Indépendant. Il est sorti de l'école à la fin du mois d'août. 

Après son acte, le gardien de la paix s'est confié auprès de ses enseignants. "Notre ancien élève a rapidement pris contact avec son formateur pour partager avec lui son expérience malheureuse et en lui demandant : 'Est-ce que j'ai bien fait ?' ", rapporte Sylvain Birembaut. "Son attitude et sa réactivité ont été purement et simplement exemplaires", assure-t-il. 

"Quand vous voyez qu'un fonctionnaire de police fraîchement livré en service opérationnel est capable d'avoir une telle réactivité et un tel discernement en quelques fractions de seconde, vous ne pouvez que vous féliciter de la qualité des enseignements fournis à l'école de police", s'enthousiasme Sylvain Birembaut. 

Il sera titularisé dans un an

Le jeune homme restera gardien de la paix stagiaire pendant un an. Il sera ensuite titularisé. Selon les informations de BFMTV, son rêve serait d'intégrer une équipe cynophile dans la police, des unités composées de policiers accompagnés de chiens.

Le gardien de la paix souhaite préserver son anonymat, notamment par respect envers ses quatre collègues morts dans cette attaque. La date de remise de sa Légion d'honneur n'a ainsi pas été communiquée.