Attaque à la préfecture de police de Paris : "J'aimerais bien qu'on connaisse aussi le nom des victimes", témoigne l'ami d'un des fonctionnaires tués

Jimmy, un ami de Brice, l'une des quatre victimes de Mickaël Harpon, témoigne en hommage aux disparus.

Mickaël Harpon a poignardé à mort quatre de ses collègues de la préfecture de Paris, le 3 octobre 2019.
Mickaël Harpon a poignardé à mort quatre de ses collègues de la préfecture de Paris, le 3 octobre 2019. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

"J'ai accepté de vous répondre parce qu'à un moment, il faut mettre des noms, il faut mettre des visages. Sinon ce ne sont que des chiffres", confie Jimmy, très ému, à franceinfo. Il a connu l'un des fonctionnaires tués jeudi 3 octobre à la préfecture de police de Paris par l'un de ses collègues, Mickaël Harpon. Mardi 8 octobre, un hommage est rendu aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris tués par leur collègue radicalisé.

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"Derrière tout ça, il y a des vies, il y a des individualités, il y a des familles, il y a des proches, rappelle Jiimmy. On connaît toujours le nom des assaillants, des tueurs, des assassins, des terroristes. J'aimerais bien qu'on connaisse aussi le nom des victimes".

Son ami s'appelait Brice, il avait 38 ans. Il l'a connu il y a quinze ans. C'était l'un des meilleurs amis de son frère aîné et de sa future femme. Il avait sept ans de plus que lui. "J'ai connu Brice dans les années 2003-2004, se souvient-il. Il était en classe au Studio 34, une école de théâtre" car "son rêve, c'était d'être comédien". La bande de copains avait même fait des films ensemble, se souvient Jimmy, "des courts métrages dont ils étaient à tour de rôle réalisateurs ou acteurs".

Physiquement, Brice était "un beau mec, avec une bonne tête et un regard qui pénètre", décrit Jimmy. C'était "quelqu'un de brillant, qui dégageait quelque chose de saillant, de très intelligent" et doté "d'un esprit moqueur, même provocateur avec un humour parfois noir mais exceptionnel".

Jimmy ignorait que Brice était devenu policier

Si les années ont distendu les liens, les amis continuaient de se donner sporadiquement des nouvelles via les réseaux sociaux. Mais à aucun moment, ils n'ont su la reconversion dans la police de leur ami. "J'ai appris qu'il était policier lorsque mon frère m'a dit qu'il faisait partie des victimes de l'attentat de la préfecture". Jimmy raconte être d'abord "tombé de sa chaise" avant de se remémorer certains de leurs échanges.

Très engagé dans le combat pour la laïcité et les valeurs de la République, Jimmy dit partager beaucoup de contenus sur le sujet que Brice "likait" et partageait sur les réseaux sociaux. S'il n'a aucune "preuve formelle" de ce qu'il avance, il pense que Brice défendait une "vision humaniste de la police" car il était "profondément humaniste". "C'était un insoumis au sens le plus noble du terme pas au sens politique actuel", conclut-il.