Attaque à la préfecture de police de Paris : qui étaient les quatre victimes ?

Un hommage est rendu, mardi à Paris, aux quatre fonctionnaires tués, jeudi, par un de leurs collègues.

Un véhicule des pompiers quitte la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019.
Un véhicule des pompiers quitte la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Ils s'appelaient Aurélia, Brice, Damien et Anthony. Quatre membres de la préfecture de police de Paris ont été tués par l'un de leurs collègues, jeudi 3 octobre, lors d'une attaque au couteau qui s'est déroulée sur leur lieu de travail.

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Une cérémonie en leur hommage se tiendra, mardi à 11 heures, à la préfecture de police de Paris, en présence d'Emmanuel Macron. La Légion d'honneur leur sera remise à titre posthume. Voici les quelques éléments qui ont filtré sur leur identité et leur parcours, la préfecture n'ayant pas souhaité communiquer.

Aurélia Trifiro, 39 ans

Après une enfance partagée entre le Pas-de-Calais et la Côte d'Azur, cette gardienne de la paix a commencé sa carrière dans les Bouches-du-Rhône. Passée par l'école de police de Fos-sur-Mer, elle a été adjointe de sécurité au commissariat de Martigues entre 2003 et 2008, avant de rejoindre Lyon, puis Paris, selon La Provence. Dans la capitale, elle appartenait à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne et se disait "heureuse d'être utile", selon sa grand-mère.

Depuis qu'elle était toute petite, elle ne parlait que de devenir policière. Ce métier, c'était toute sa vie...Henriette, grand-mère d'Aurélia Trifiroau "Parisien"

C'est à la préfecture de police de Paris qu'Aurélia Trifiroa rencontré son mari, policier lui aussi, selon Le Parisien. Le couple a eu deux enfants, aujourd'hui âgés de 5 et 8 ans et scolarisés à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne). Elle accompagnait ses enfants, chaque mercredi, au club de foot de la commune, où elle a laissé l'image d'une femme "souriante, gentille, volontaire dès qu'il fallait aider". La policière était également inscrite au conservatoire de Combs-la-Ville. Des drapeaux ont été mis en berne par la mairie et un registre de condoléances pour la famille a été ouvert à l'hôtel de ville.

Brice Le Mescam, 38 ans

"Il était drôle, moqueur, provocateur, intelligent. C'était un super mec," salue un des amis de Brice Le Mescam sur Facebook"Merci pour ta joie de vivre", complète un autre sur Twitter.

Ce trentenaire, célibataire et sans enfant, était adjoint administratif au sein de la direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris depuis 2013, selon Le Parisien. Il vivait dans le 17e arrondissement de la capitale, où des voisins le décrivent comme "souriant, agréable, discret sur ses activités professionnelles"

C'était "quelqu'un de brillant, qui dégageait quelque chose de saillant, de très intelligent" et doté "d'un esprit moqueur, même provocateur avec un humour parfois noir mais exceptionnel", raconte à franceinfo Jimmy, une connaissance de quinze ans, avec qui il a étudié le théâtre et réalisé des courts-métrages. 

Jimmy raconte que ses liens avec Brice Le Mescam se sont distendus avec les années, et qu'il ignorait la reconversion dans la police de son ami. "J'ai appris qu'il était policier lorsque mon frère m'a dit qu'il faisait partie des victimes de l'attentat de la préfecture".

Damien Ernest, 50 ans

Policier depuis 1991, Damien Ernest, 50 ans, avait atteint le grade de major et travaillait au sein de la direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris, selon Le Parisien. Ce quinquagénaire était père de deux enfants, précise le quotidien. "C'était un collègue extraordinaire, jamais un mot plus haut que l'autre, bon vivant, très bosseur", a témoigné mardi, sur France Inter, l'un de ses plus proches collègues.

Damien Ernest était le voisin de bureau de l'assaillant depuis des années, dans la même unité informatique. Il était passionné par son métier et par la moto, confie l'un de ses proches collègues qui le connaissait depuis 20 ans. Il était "le genre de collègue qu'on aimerait tous avoir avec soi. J'ai fait des missions extraordinaires avec lui. C'est vraiment horrible ce qui a pu se passer", a-t-il ajouté, ému aux larmes.

Anthony Lancelot, 39 ans

Ce gardien de la paix travaillait pour la direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris depuis 2003, d'après Le Parisien. Il avait deux jeunes enfants.