Attaque à la préfecture de police de Paris : la piste terroriste n'est plus privilégiée par les enquêteurs

Selon les informations recueillies par France Inter, le geste de Mickaël Harpon est d'abord lié à "un délire mystique et suicidaire", sur fond de frustration professionnelle. 

La préfecture de police de Paris, le 3 octobre, après l\'attaque au couteau qui a fait 4 morts.
La préfecture de police de Paris, le 3 octobre, après l'attaque au couteau qui a fait 4 morts. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

La piste terroriste n'est plus privilégiée, dans l'enquête sur l'attaque de la préfecture de police de Paris, selon les informations de France Inter dévoilée mercredi 30 octobre. Aucun élément ne permet à ce jour d'affirmer qu'il s'agit d'un acte terroriste, selon une source proche de l'enquête.

L'audition de l'épouse de l'assaillant et les différents éléments recueillis font dire aux enquêteurs que le geste de Mickaël Harpon est d'abord lié à "un délire mystique et suicidaire", sur fond de frustration professionnelle, aggravée par son handicap de surdité.

Pas le moindre lien trouvé avec une organisation terroriste

Sa radicalisation religieuse, ses relations avec une mouvance salafiste dans sa mosquée de Gonesse, ne sont pas, à ce stade, considérées comme le moteur principal. Les services de renseignement n'ont toujours pas trouvé le moindre lien avec une organisation terroriste islamiste, il n'y a pas de revendication, pas d'allégeance. Il n'y a aujourd’hui aucun indice sur la transmission par Mickaël Harpon de documents compromettant la sécurité de collègues. Enfin, les vidéos de Daech retrouvées dans une clé USB de travail appartiennent en fait à des policiers de son service. Mickaël Harpon s’occupait justement de transférer les contenus informatiques lorsque des agents changeaient de poste.

Le 3 octobre, Mickaël Harpon, un informaticien de 45 ans employé depuis 2003 à la préfecture de police de Paris, avait tué trois policiers et un agent administratif, et blessé un autre agent administratif, avant d'être abattu. Le lendemain de l'attaque, le Parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'enquête.

Contacté mardi soir par France Inter, le PNAT rappelle que les deux juges d'instruction nommés ces derniers jours devront préciser justement les motifs de passage à l'acte de Mickaël Harpon.