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Pharmacies : le logiciel de compta permettait de frauder le fisc

Presque par hasard, les gendarmes du Gard sont tombés sur un logiciel informatique qui permettait aux pharmacies de gommer toute une partie de leur comptabilité. Une escroquerie de grande ampleur, avec près de 4.000 officines équipées, qui pourrait atteindre les 400 millions d'euros.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Point de départ de l'affaire : en 2008, une perquisition menée dans une pharmacie de Remoulins (Gard), où les vérificateurs de la Sécurité sociale suspectent des fraudes aux ordonnances falsifiées, pour un montant de 50.000 euros.

Dans l'officine, les enquêteurs tombent sur un petit cahier sur lequel figure une formule informatique, raconte le quotidien Midi Libre.

Placé en garde à vue, le couple de commerçants se met rapidement à table. Le pharmacien et son épouse avouent utiliser ce logiciel de gestion pour ses vertus "bienfaisantes" sur leur comptabilité. Ils font ainsi "disparaître" quelque 8.000 euros de recette chaque mois, principalement sur des produits de parapharmacie, plus difficiles à tracer.

Les pharmaciens indélicats s'offusquent également d'être ainsi poursuivis car, selon eux, tous leurs collègues agissent de la même manière pour dégager du liquide du tiroir-caisse. En clair, du "black", et "pas à dose homéopathique", relève le quotidien du Sud. Quelque 400 millions d'euros, voire plus

Les investigations se poursuivent en Poitou-Charentes, notamment au siège de la société informatique Alliadis qui commercialise le logiciel qui "nettoie" les comptes. Et une autre société de services informatiques, qui implante le même type de logiciel, pourrait être visée par les enquêteurs.

Sur place, les enquêteurs mettent la main sur une liste de... 4.000 pharmacies qui ont formellement demandé - et reçu - la fameuse ligne de code informatique.

FRAUDE PHARMACIES
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Selon des sources proches de l'enquête citées par Midi Libre, le manège porterait sur une moyenne de 5.000 euros par mois et par officine. Un montant minime au regard du chiffre d'affaires d'une pharmacie. Mais rapportée aux 4.000 fraudeurs et au temps depuis lequel dure ce petit tour de passe-passe - plusieurs années, la fraude pourrait atteindre les 400 millions d'euros, voire plus.

Une plainte pourrait être déposée au pénal par la Direction nationale des enquêtes fiscales. Si ces anomalies étaient confirmées, il s'agirait d'une première en France.
Et rien ne permet d'exclure que d'autres types de commerces aient eu recours à des logiciels semblables. 

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