Ouverture du procès Rambla, sur fond d’affaire Ranucci

Jean-Baptiste Rambla, le frère de la fillette assassinée par Christian Ranucci en 1974, comparaît à partir d’aujourd’hui devant les assises des Bouches-du-Rhône pour le meurtre de son ex-employeuse. Un crime qu’il ne peut expliquer sans un détour par l’affaire Ranucci…

(Radio France © France Info)

Le 12 février 2005, la compagne de Jean-Baptiste Rambla (41 ans) découvre dans leur cabanon de jardin à Marseille, un sac de voyage contenant les restes d’un cadavre en décomposition. Immédiatement arrêté, Rambla se met à table : c’est lui qui a étranglé son ex-employeuse, Corinne Beidl, portée disparue depuis plus de six mois.

Selon ses déclarations, Rambla avait eu une liaison suivie avec sa victime. Laquelle lui aurait fait du chantage au licenciement, s’il ne continuait pas à lui fournir des prestations sexuelles. Pour les parties civiles en revanche, il s’agit d’un "simple" crime crapuleux : Rambla aurait tenté de soutirer de l’argent à sa victime, pour alimenter un train de vie bien supérieur à ses revenus.

Contexte dévastateur de l’affaire Ranucci

Quelque soit le mobile du crime, la stratégie de la défense s’appuie sur le traumatisme subi par l’accusé, au cours des longues années de "l’affaire Ranucci".

Jean-Baptiste Rambla a six ans en 1974, lorsque sa grande sœur, Marie-Dolorès (8 ans) est kidnappée sous ses yeux, au pied de son immeuble de la cité Saint-Agnès de Marseille. La fillette est retrouvée le lendemain, assassinée. Le dossier est clos deux ans plus tard, quand la tête de l’assassin Christian Ranucci, 22 ans, est tranchée par la guillotine dans la cour de la prison des Baumettes.

A en croire les avocats de Rambla, l’exécution du meurtrier de sa sœur a profondément marqué leur client. Rongé "par une double culpabilité" : celle de n’avoir pu empêcher le rapt de sa grande sœur, et celle d’avoir entretenu une polémique sur la culpabilité ou l’innocence de Ranucci, polémique qui fait souffrir sa famille.

Car les flous de ce témoignage d’enfant à l’époque des faits, ont été utilisés par tous ceux qui voulaient faire réviser l’affaire du "pull-over rouge". Le dossier Ranucci a d’ailleurs été joint à la procédure Rambla. "Quand on a vécu ce qu’on a vécu, on ne peut pas fonctionner normalement", avance l’avocat de Rambla. Me Jean-Michel Pesenti compte bien, en avançant cette démonstration, obtenir une certaine clémence de la part du jury.

C’est donc un procès hors du commun qui s’ouvre aujourd’hui, pour une famille qui aura connu, à quelques dizaines d’années d’intervalle, les bancs de la partie civile et le box des accusés. Jean-Baptiste Rambla encourt 30 ans de réclusion criminelle.

Gilles Halais avec agences