Nicolas Sarkozy et François Hollande de retour dans la campagne après le drame de Toulouse

Après trois jours de suspension de la campagne, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont retrouvé leurs intonations de candidat lors d'un meeting à Strasbourg et à Aurillac. Tous les deux sont revenus sur les tueries de Toulouse et Montauban.

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Venu prononcer un discours sur l'Europe et la politique étrangère de la France, Nicolas Sarkozy a commencé son meeting à Strasbourg par évoquer la mort ce midi de l'auteur présumé des fusillades, Mohamed Merah.
"Dans une journée, je me dois d'être président de la République face à la douleur des victimes, président de la République face à des décisions graves , (...) et en même temps candidat ", a-t-il souligné. "Un assassin a voulu, selon ses propres mots, mettre la France à genoux en semant la haine et la terreur. Il a été mis hors d'état de nuire. Il reste les larmes, il reste la douleur des familles des victimes ."
"Non, la France n'est pas coupable ", a-t-il déclaré, comme pour couper court aux polémiques de ces derniers jours. "Non, il n'y a pas en France un climat qui puisse expliquer ces crimes, parce que ces crimes sont inexplicables et inexcusables ". "Non, la République n'est pas fautive. Non, la société n'est pas responsable ", a-t-il insisté.
Pour Nicolas Sarkozy, "ceux qui seraient tentés de s'enfermer dans une hostilité radicale à la République, ceux qui voudraient l'abattre, ceux qui, par leurs propos, leurs comportements, encourageraient le fanatisme et feraient prévaloir des idées qui sont contraire à nos valeurs, ceux-là doivent comprendre que la République n'aura à leur égard aucune indulgence ", a poursuivi le chef de l'Etat.

"Faire de la République la meilleure arme contre le terrorisme"

De son côté, à Aurillac, François Hollande, a élevé au rang de priorités la lutte contre le terrorisme, la sécurité et la défense de la laïcité, estimant que ces domaines ne sauraient être l'apanage de la droite.
"La tragédie de Toulouse et de Montauban marquera les esprits ", a-t-il dit.
"Si les Français m'accordent leur confiance, la République ne laissera aucun terroriste en paix, la République poursuivra tout ce qui menace la sécurité de nos concitoyens ", a-t-il dit dès le début de son discours consacré en grande partie aux questions "sécuritaires".
"La lutte contre le terrorisme n'est pas terminée, elle se poursuit et elle se poursuivra et cet engagement devra être total avec les moyens nécessaires et les exigences indispensables ", a-t-il ajouté.  

Attaqué sur ce thème par la droite, notamment par le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, François Hollande a répliqué par une série de mesures et affiché sa détermination.   
 "Que l'on ne vienne pas nous dire que la gauche aurait là-dessus je ne sais quelle indulgence ou que la droite aurait je ne sais quelle compétence en matière de sécurité ", a-t-il lancé. La lutte contre le terrorisme doit être "l'une des principales missions de notre politique de défense ", a-t-il insisté.

"Nous tirerons toutes les conclusions de cette tragédie et (elles) seront mises au service de la République ", a-t-il dit, qualifiant d'"effets d'annonces " les mesures contre le terrorisme proposées par Nicolas Sarkozy à la mi-journée.
François Hollande a proposé de doubler le nombre des centres éducatifs fermés pour les délinquants, des moyens renforcés pour la justice, une lutte renforcée contre les bandes et la création de zones de sécurité prioritaires.