Mise en examen du suspect dans le meurtre de Victorine Dartois : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur de Grenoble

Le suspect interpellé dans l'enquête sur la mort de la jeune Victorine Dartois en Isère, un voisin de 25 ans qui ne la connaissait pas, a été mis en examen pour meurtre précédé d'une tentative de viol, a annoncé le parquet de Grenoble.

Le procureur de Grenoble (Isère), Eric Vaillant, donne une conférence de presse, jeudi 15 octobre 2020. 
Le procureur de Grenoble (Isère), Eric Vaillant, donne une conférence de presse, jeudi 15 octobre 2020.  (JEFF PACHOUD / AFP)

L'enquête sur la mort de Victorine Dartois se poursuit et progresse. A l'occasion d'une conférence de presse, jeudi 15 octobre, le procureur de Grenoble Eric Vaillant et son adjoint, Boris Duffau, ont annoncé la mise en examen du suspect et fait un point sur l'avancée de l'enquête sur le meurtre de l'étudiante de 18 ans, retrouvée sans vie le 28 septembre, deux jours après sa disparition, près de Villefontaine (Isère). 

Voici ce qu'il faut retenir de leur intervention. 

Que sait-on du suspect ?

Le suspect, dont le procureur a dévoilé l'identité, est un homme de 25 ans : Ludovic Bertin. Comme Victorine Dartois, il réside à Villefontaine, avec sa compagne et un enfant en bas âge, à fait savoir le parquet. Il est déjà connu de la justice ayant été condamné à une dizaine de reprises pour des délits de droit commun.

Le suspect a déclaré en garde à vue qu'il ne connaissait pas la victime. Interrogé plus tard par les journalistes, l'avocate de la famille Dartois, Kelly Monteiro, a confirmé que les proches de la jeune femme ne connaissaient pas le suspect. 

Selon le procureur-adjoint, "le témoignage d'un proche du suspect, qui a reçu ses confidences", a permis son arrestation mardi après-midi.

Quelle est sa version des faits ? 

Le suspect "a reconnu son implication dans le meurtre de Victorine" pendant sa garde à vue. Il a déclaré l'avoir "croisée par hasard", alors qu'il faisait un footing. "Une dispute aurait alors éclaté entre eux après une bousculade involontaire", a expliqué le procureur adjoint. "Il aurait alors très rapidement paniqué et l'aurait saisie à deux reprises par le cou en le serrant très fort""Aucun mobile particulier n'a été évoqué par le mis en examen", a ajouté le procureur adjoint.

Il a reconnu devant les enquêteurs avoir déposé le corps de la victime dans l'eau pour le dissimuler, ce qui correspond aux conclusions de l'autopsie ayant fait état d'une mort par noyade et d'un étranglement.

Mercredi matin, une "remise en situation de l'intéressé sur le lieu supposé du meurtre a permis d'accréditer une partie de ses déclarations", a ajouté Boris Duffau. Le mis en examen a notamment reconnu être rentré chez lui puis avoir jeté ses vêtements dans un conteneur. Ces vêtements ont été retrouvés par les enquêteurs.

Quels sont les chefs d'accusation ? 

Le suspect a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre précédé d'une tentative de viol. Ludovic Bertin nie le caractère sexuel des faits qui lui sont reprochés, a déclaré le parquet, qui a toutefois justifié le motif de "tentative de viol" pour sa mise en examen par le fait que la victime avait été découverte avec son pantalon en bas des jambes. Sur ce point, "ses explications ne nous convainquent pas", a pointé le procureur. 

Il encourt la réclusion à perpétuité, a précisé le procureur adjoint de Grenoble. Il est actuellement devant le juge des libertés, qui doit décider de le placer ou non en détention provisoire.