Mise en examen de Jean-Marc Reiser dans la disparition de Sophie Le Tan : "Ce sont des prédateurs d'une très grande dangerosité"

Michèle Agrapart-Delmas, psycho-criminologue, a réagi jeudi sur franceinfo après la mise en examen de Jean-Marc Reiser. Cet homme de 58 ans, est suspecté d'avoir enlevé et tué Sophie Le Tan, une étudiante de 20 ans, disparue dans les environs le 7 septembre.

Sophie Le Tan
Sophie Le Tan (FREDERICK FLORIN / AFP)

"Ce sont des prédateurs d'une très grande dangerosité avec une anesthésie affective, qui n'ont aucun regret, remord ou repentir", a déclaré ce jeudi 20 septembre sur franceinfo Michèle Agrapart-Delmas, psycho-criminologue après la découverte d'un second ADN féminin inconnu dans les traces de sang présentes chez Jean-Marc Reiser à Schiltigheim (Bas-Rhin).

"Une très grande méchanceté"

L'homme est le principal suspect dans la disparition de Sophie Le Tan, une étudiante de 20 ans qui n'a plus donné signe de vie depuis le 7 septembre dernier et dont l'ADN a été retrouvé dans les traces de sang découvertes chez Jean-Marc Reiser. L'individu de 58 ans qui possède de lourds antécédents judiciaires, a été mis en examen pour "enlèvement", "séquestration" et "assassinat" lundi 17 septembre dans cette affaire.

"Ce sont des individus immatures, d'une très grande - je n'ose plus dire méchanceté car le terme est devenu désuet - pourtant il dit bien ce qu'il veut dire et on trouve souvent chez eux, des antécédents de délinquance", a poursuivi la psycho-criminologue.

"La victime devient un objet"

"On est dans des méthodes de chasseurs. Ce sont des individus qui, souvent, ne sont pas dotés d'une très grande intelligence, qui ont une intelligence pratique, concrète, ils sont malins. Ils sont capables de mettre en place des véritables stratégies parce que le projet de ces gens-là est un projet de satisfaction de leurs pulsions sexuelles mais aussi d'agressivité, de mort, de domination, d'emprise... Et c'est en cela qu'ils sont dangereux."

"Ces gens-là sont complètement insensibles au stress, ajoute-t-elle, et ils ne sont pas du tout angoissés. Ils ont un sentiment de toute-puissance et ça leur donne de l'énergie pour passer à l'acte. Ils n'ont aucun respect pour les autres qui ne sont là que pour satisfaire leur perversité. La victime, dans ce cas-là, ne l'intéresse pas en tant qu'individu, elle devient un objet. Mais ces pervers ne peuvent pas être soignés puisqu'ils ne sont pas malades. Il y a donc des aides judiciaires, des suivis médicaux, psychologiques", conclut-elle.