Un avocat blesse grièvement le bâtonnier du tribunal de Melun avant de se suicider

Le tireur, l'avocat Joseph Scipilliti, 63 ans, avait rendez-vous avec le bâtonnier, Henrique Vannier, 43 ans, qui devait lui notifier sa suspension.

Après la stupeur, le calme était revenu au tribunal à la mi-journée, jeudi 29 octobre. Certaines parties du bâtiment étaient bouclées pendant que des enquêteurs recueillaient des témoignages d\'employés.
Après la stupeur, le calme était revenu au tribunal à la mi-journée, jeudi 29 octobre. Certaines parties du bâtiment étaient bouclées pendant que des enquêteurs recueillaient des témoignages d'employés. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le tribunal de Melun (Seine-et-Marne) a été, jeudi 29 octobre, le théâtre d'un drame qui a suscité l'effroi : avant de retourner l'arme contre lui, un avocat a tiré à plusieurs reprises sur le bâtonnier, qui se trouve "dans un état critique".

Touché alors qu'il était dans un bureau du tribunal, Henrique Vannier, 43 ans, a été transféré à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), ont indiqué des sources proches du dossier. Il est "dans un état critique et stable", a affirmé l'une d'elles. "Notre bâtonnier Henrique Vannier est, Dieu merci, encore en vie", a déclaré, depuis le palais de justice de Melun, Me Florence Lampin, élue en juin pour le remplacer comme bâtonnier en 2016.

Les faits se sont déroulés aux alentours de 9h30. Le tireur, l'avocat Joseph Scipilliti, 63 ans, qui avait défendu par le passé des collectifs d'extrême droite, avait rendez-vous avec le bâtonnier qui devait lui notifier sa suspension, a indiqué une source proche du dossier, sans préciser le motif de cette mesure.

Christiane Taubira a fait part de son "effroi"

Les coups de feu n'ont toutefois pas été entendus depuis la salle d'audience, les bureaux étant situés à l'opposé du bâtiment. Mais la présidente de la cour d'assises a suspendu l'audience vers 10 heures en évoquant des "événements graves".

Dans un communiqué, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a fait part de son "effroi" après cette "terrible agression". "Il n'est pas concevable que nos juridictions et les maisons de l'ordre des avocats deviennent pour eux des lieux dangereux."