Tuerie de Chevaline : "Ils ont détruit ma famille", dénonce l'ancien suspect

Placé en garde à vue pendant quatre jours dans le cadre de l'enquête sur la tuerie avant d'être relâché sans charge contre lui, Eric Devouassoux sort de son silence. "Très éprouvé", il dénonce l'attitude des médias.

L\'ancien suspect dans la tuerie de Chevaline Eric Devouassoux, interrogé par Canal + dans une vidéo diffusée le 27 février 2014.
L'ancien suspect dans la tuerie de Chevaline Eric Devouassoux, interrogé par Canal + dans une vidéo diffusée le 27 février 2014. (CANAL + / FRANCETV INFO)

Il veut réhabiliter son image et son nom. Dans une interview à "La Nouvelle Edition" de Canal +, diffusée jeudi 27 février, l'ex-policier municipal qui a passé quatre jours en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline revient sur cette interpellation, et le "coup de tonnerre" qu'elle a généré dans sa vie.

"J'ai été très éprouvé pendant ces quatre jours de garde à vue, je voulais expliquer tout ce qui m'est arrivé", justifie sur le plateau Eric Devouassoux, en compagnie de son avocat, après avoir refusé de parler aux médias pendant plusieurs jours. Aucune charge n'a été retenue à son encontre dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de septembre 2012 en Haute-Savoie. Il a en revanche été de nouveau placé en garde à vue pour trafic d'armes, puis relâché. 

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"Quand je rentre dans ma voiture, c'est la fin du monde"

"On m'a dépeint comme un être primaire. C'est parce que j'ai le petit bouc ? Tous les bikers ont un petit book ? Je n'ai pas de Harley, j'ai un scooter", commence-t-il, assurant que son profil ne correspond pas à celui du motard recherché. "J'ai les yeux verts. Dans le portrait robot, ils cherchent quelqu'un avec les yeux noirs. Je n'ai jamais dépassé 70kg, ils cherchent un gars plutôt corpulent." 

La gendarmerie a diffusé ce portrait-robot, le 4 novembre 2013, pour faire progresser l\'enquête sur la tuerie de Chevaline. 
La gendarmerie a diffusé ce portrait-robot, le 4 novembre 2013, pour faire progresser l'enquête sur la tuerie de Chevaline.  (GENDARMERIE NATIONALE / AFP)

Eric Devouassoux, âgé de 48 ans, revient sur le déroulé des événements. "Mardi [18 février], je pars au travail, à 10 heures. Quand je rentre dans ma voiture, c'est la fin du monde. Six gars me ceinturent, me mettent à terre, raconte-t-il. Je débarque, c'est la quatrième dimension. C'est un truc, je le souhaite à personne... Ça tombe dessus comme un coup de tonnerre." 

Licencié le lendemain de sa garde à vue

L'ancien policier municipal reproche aux médias leur attitude prédatrice. "Mon père de 75 ans m'a téléphoné, il pleurait. Il me dit : 'Tu te rends compte, ils voulaient une interview de la grand-mère', qui est dans une maison de retraite. Quand j'ai appris ça, je me suis dit : 'On touche le fond', dénonce-t-il. Mon petit garçon n'est toujours pas retourné au collège, après une semaine. Il a peur des réactions des autres." 

Agent de sécurité en Suisse, Eric Devouassoux indique qu'il a été licencié le lendemain de sa mise en garde à vue. "Je voulais déménager, partir... Mais finalement, c'est trop facile, explique-t-il. Pourquoi partir ? Je n'ai rien fait, je suis innocent. Ils ont détruit une famille et créé un chômeur". Désormais, Eric Devouassoux souhaite plus que tout "retourner travailler là-bas pour gagner [sa] vie, payer [sa] maison et nourrir [sa] famille".