Chevaline. Les gendarmes ont retracé le parcours du tueur

D'après des révélations du "Monde", Saad Al-Hilli se trouvait hors de son véhicule quand il a croisé le tueur. Il a regagné son véhicule et tenté de fuir.

Sur les lieux de la tuerie de Chevaline, le 8 septembre 2012.
Sur les lieux de la tuerie de Chevaline, le 8 septembre 2012. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

TUERIE DE CHEVALINE - Que s'est-il passé lors de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie) le 5 septembre durant laquelle quatre personnes ont été assassinées ? Les enquêteurs ne tiennent aucune piste, mais ils ont pu reconstituer l'itinéraire du tireur qui a assassiné trois membres de la famille britannique Al-Hilli et Sylvain Monnier, un cycliste français, révèle Le Monde. Le journal publie des éléments des synthèses de la gendarmerie, samedi 27 octobre. Francetv info fait le point sur les principaux éléments.

L'arme

Comme l'expliquait jeudi le journaliste de France 2 Benoît Gadrey, l'arme utilisée est un modèle plutôt ancien. Le seul et unique tireur s'est servi d'un Luger P06. Des fragments de l'arme ont été trouvé près du vélo du cycliste. Ce type d'arme "était en dotation au sein de l'armée suisse dans les années 1920 et 1930". Dans cette région frontalière, beaucoup de personnes pourraient en avoir une.

Le père Al-Hilli et sa fille hors du véhicule

Le témoignage de Zainab Al-Hilli, fille aînée de la famille violemment frappée à la tête, a permis d'apprendre qu'elle se trouvait avec son père hors du véhicule quand ils ont croisé le chemin du tueur. Il lui aurait vivement pris la main "pour se diriger en courant vers la voiture stationnée en épi", écrit Le Monde.

Mais, "à ce stade, deux versions divergent". Un enquêteur dit au Monde "que Saad Al-Hilli a reçu une balle dans le bas du dos alors qu'il regagnait en toute hâte sa place de conducteur. La trajectoire de la balle s'expliquerait par sa position penchée en avant afin d'éviter les coups de feu du tireur". Mais le procureur dément qu'il ait été alors blessé.

 Une tentative de fuite en voiture

Ensuite, le père aurait tenté de prendre la fuite avec son véhicule. Sous le feu du tireur, le père recule rapidement, accroche le corps du cycliste, heurte un talus, "et les roues ont perdu leur adhérence, interdisant toute fuite", selon le quotidien.

L'assassin vide alors ses chargeurs. "Les enquêteurs collecteront 25 douilles sur l'ensemble de la scène". A court de munitions, il tente de tuer Zainab en la frappant avec la crosse de son pistolet. Selon Le Monde, "un événement inattendu semble avoir interrompu la sale besogne du tueur" qui prend la fuite.

Tout est allé très vite

A 15h15, la famille Al-Hilli prenait des photos dans un hameau de la commune de Doussard. Au même moment, le cycliste britannique William Brett Martin, ancien de la Royal Air Force, est doublé par un autre cycliste au village de Chevaline : Sylvain Mollier.

Trente minutes plus tard, à 15h45, en haut de la côte, le britannique va retrouver son corps, ceux de la famille Al-Hilli et la fillette chancelante qui s'effondre. Il coupe le contact de la voiture dont les roues patinent et part alerter les secours à 15h48.

Les enquêteurs ne négligent aucune piste

Dans un deuxième article, Le Monde explique que les enquêteurs sont face à une "enquête de très longue haleine", selon les mots du procureur. La piste d'un conflit entre le père, Saad Al-Hilli, et son frère "s'est révélée décevante". De même, les pistes du travail du père, d'un éventuel véhicule aperçu dans les environs ou encore du frère de la mère de 74 ans assassinée, ont conduit à des impasses.

"Dans cette configuration, l'hypothèse d'un tueur isolé et psychiquement perturbé a repris de la vigueur", explique le procureur. Du coup, les enquêteurs font le tour des hôpitaux psychiatriques "dans un périmètre assez vaste" mais aussi des clubs de tir, écrit Le Monde. Le procureur confie : "C'est rare dans ce type de dossier, mais les enquêteurs britanniques confient unaniment une absence de conviction personnelle".