Mort de Clément Méric : l’avocat d’un des deux accusés plaide la "bêtise"

Les interrogatoires ont débuté lundi à la cour d’assises de Paris avec à la barre Samuel Dufour, un des deux hommes soupçonnés d’avoir porté les coups mortels dans la rixe lors de laquelle le jeune Clément Méric a trouvé la mort en 2013.

Samuel Dufour, au palais de justice de Paris, le 4 septembre 2018.
Samuel Dufour, au palais de justice de Paris, le 4 septembre 2018. (OLIVIER LEJEUNE / MAXPPP)

La cour d’assises de Paris a commencé les interrogatoires des accusés lundi 10 septembre au procès de trois skinheads impliqués dans la mort en 2013 du jeune étudiant Clément Méric devenu une icône des militants antifascistes. A la barre, lundi, notamment, Samuel Dufour, un des deux hommes soupçonnés d’avoir porté les coups mortels dans la rixe qui a tourné au drame à la sortie d’une vente privée de vêtements au cœur de Paris.

"On se sentait menacés"

Samuel Dufour répète qu’il n’a porté aucun coup à Clément Méric, mais seulement frappé un de ses amis qui avait ouvert les hostilités, selon lui. "On se sentait menacés, les mecs étaient du genre à nous tomber dessus à 10", avance-t-il. Il est moins prolixe quand la présidente lui demande pourquoi lui, qui était en tête du groupe de "skins", n’a pas suivi les conseils du vigile de passer par la droite à la sortie de l’immeuble pour éviter de recroiser ce clan adverse. Il est encore moins bavard quand on lui ressort les SMS qu’il a envoyés à un ami le soir de la rixe. Lui qui a toujours nié avoir été armé ce jour-là écrit : "J’ai frappé avec ton poing américain. Le mec est à l’hôpital. On les a défoncés." "J’ai dû vouloir me vanter", se justifie-t-il aujourd’hui. "Il y a matière à se vanter selon vous ?", l’interroge la présidente. L’avocat de l’accusé Me Vey plaide la bêtise : "Une stupidité qui était le climat général de ce groupe à l’époque. Ils ont été incarcérés, placés à l’isolement. Ce sont des jeunes qui ont été accusés de faits très grave et qui ne se reconnaissaient pas une si lourde responsabilité."

"Ca voulait dire qu'on était déjà jugés !"

Après deux heures à la barre, Samuel Dufour contient mal sa colère. "Faut se souvenir du contexte : le Premier ministre promettait de nous tailler en pièces et l’Assemblée faisait une minute de silence pour Clément Méric." L’avocat général relève : "Vous vous offusquez de l’hommage des députés à Clément Méric ?" "Bon, il est mort, ça c’est tragique, pas de problème", réplique-t-il. Avant d’ajouter : "Mais ça voulait surtout dire qu’on était déjà jugés, que notre sort était plié !" Son sentiment d’injustice ne semble jamais le quitter… Mardi, la cour entendra Esteban Morillo qui a reconnu avoir donné les deux coups à Clément Méric. Elle doit aussi entendre Serge Ayoub, leader nationaliste et parrain de groupuscules d’extrême droite en France depuis 30 ans, que les accusés fréquentaient de près au moment du drame. Verdict attendu vendredi.