Fillette tuée à Calais : le tueur présumé de Chloé qualifié de "psychopathe" par un expert psychologue en 2009

Christian Soenen avait rencontré ce Polonais de 38 ans à la prison de Longuenesse en vue de son procès, l'année suivante, pour des agressions perpétrées dans la région. 

Une personne tient un portrait de Chloé, tuée à Calais (Pas-de-Calais), lors d\'une marche en hommage à la petite fille, le 16 avril 2015.
Une personne tient un portrait de Chloé, tuée à Calais (Pas-de-Calais), lors d'une marche en hommage à la petite fille, le 16 avril 2015. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

"Dans ce cas, je l'avais qualifié de psychopathe. C'est un diagnostic lourd, et rares sont les cas qualifiés comme tels." L'expert psychologue Christian Soenen, interrogé par Le Parisien vendredi 17 avril, ne cherche pas à minimiser l'appréciation qu'il a portée sur l'homme de 38 ans arrêté pour le meurtre et le viol de Chloé, à Calais (Nord-Pas-de-Calais), mercredi 15 avril. D'ailleurs, le 31 août 2009, lorsqu'il l'examine à la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais), il écrit qu'"une récidive est fort probable avec un fort potentiel de violence non négligeable, le pronostic d'une réadaptation reste très aléatoire voire illusoire".

La psychopathie est un trouble de la personnalité caractérisé essentiellement par l'impulsivité, l'instabilité, l'incapacité d'adaptation au milieu et menant à des conduites antisociales. L'expert a été mené à poser ce diagnostic lors de sa rencontre avec ce Polonais en vue de son procès en 2010. L'homme avait alors été condamné à six ans de prison pour s'être introduit chez des Calaisiens. Il avait menacé d'un couteau une vieille dame chez elle, puis il était entré, toujours muni de son arme, au domicile d'une famille ayant un jeune enfant.

"Peut-être c'est dans ma tête"

"D'emblée, il m'est apparu particulièrement impulsif. On ressentait une vraie violence en lui, et une absence totale de culpabilité", se souvient Christian Soenen. Pour le psychologue, interrogé aussi sur BFMTV, l'homme n'avait "pas de regrets", "pas d'émotion par rapport à la victime", il était "déresponsabilisé" et paraissait à la limite "manipulateur". Bref, "on sentait une réelle menace de passage à l'acte, et il semble l'avoir confirmé de la pire des manières", estime l'expert dans les colonnes du Parisien.

Interrogé à l'époque, le suspect justifie ses agressions par ses abus d'alcool. "Quand j'y touche, je peux pas réfléchir, alors je fais ça". Lors de son arrestation après l'assassinat de Chloé, il avait 0,57 gramme d'alcool par litre d'air expiré.