Ce que l'on sait de la mort de la fillette à Berck

Les tests ADN ont confondu la femme, recherchée depuis dix jours. Elle a reconnu les faits et été mis en examen pour assassinat.

La police diffuse ces photos dans son appel à témoins, dans l\'enquête sur la mort d\'une fillette, à Berck-sur-mer.
La police diffuse ces photos dans son appel à témoins, dans l'enquête sur la mort d'une fillette, à Berck-sur-mer. (© DR)

Confondue par son ADN, elle a tout avoué. La mère d'Adélaïde, fillette noyée à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) a reconnu s'être rendu dans cette ville où elle n'avait jamais mis les pieds pour mettre fin aux jours de son enfant. Samedi 30 novembre, elle été mise en examen pour assassinat et placée en détention provisoire. Voici ce que l'on sait de cette affaire.

Qui est la mère ?

Agée de 36 ans, cette franco-sénégalaise, selon France 3 Nord Pas-de-Calais, a été arrêtée vendredi à son arrivée dans l'appartement de Saint Mandé, en banlieue parisienne, où elle est hébergée. Elle a expliqué aux enquêteurs être sans ressource, sans travail, étudiante en philosophie.

Elle a encore dit vivre avec un homme de 63 ans. Il serait le père de l'enfant. A son retour de Berck, la mère lui aurait expliqué avoir remis sa fille à sa propre mère pour qu'elle soit prise en charge au Sénégal.

A Saint-Mandé, les voisins se remémorent en général une femme discrète, et certains n'ont jamais vu d'enfant en sa compagnie. Son compagnon est selon eux sculpteur. Il serait le propriétaire d'un coquet atelier dans l'arrière-cour de l'immeuble. Un résident décrit une "femme à l'air vraiment sympathique", "avenante, avec le sourire". Jean, qui a ses habitudes dans l'immeuble, lui "disait bonjour en passant. Elle avait l'air décontractée. Je connaissais le monsieur. Il est très gentil. Il s'occupait du jardin (...) Je ne peux pas vous assurer (qu'il y avait un bébé)".

Comment a-t-elle été confondue ?

Pour retrouver la femme, les enquêteurs se sont basés à la fois sur des témoignages obtenus grâce à la diffusion de l'appel à témoins et à des recoupements effectués à partir des fichiers de police, a indiqué le parquet de Boulogne. Née au Sénégal et de nationalité française, la mère était inscrite au Fichier national des étrangers.

Interpellée, elle a expliqué aux enquêteurs être la mère d'une fille née en août 2012. Mais elle a assuré, dans un premier temps, que sa propre mère avait emmené la fillette au Sénégal. "Ses premières explications aux enquêteurs [n'étaient] guère convaincantes", a confié une source proche de l'enquête à l'AFP

D'autant que les analyses ADN ont rapidement montré qu'elle était bien la mère de l'enfant. Elle est finalement passé aux aveux lors de sa garde à vue, livrant sa version des faits et faisant un peu la lumière sur une affaire jusque là très mystérieuse.

FRANCE 3

Comment est morte la fillette ?

La mère a expliqué s'être rendue à Berck pour "mettre fin aux jours de son enfant", selon le parquet. "Elle l'a déposée vivante sur la plage alors que la marée montait". Pourquoi à Berck ? "Elle ne s'était jamais rendue dans cette ville, dont seul le nom a retenu son attention", poursuit le parquet dans un communiqué. Après avoir laissé sa fille sur la plage, la mère est rentrée à son domicile, qu'elle n'a plus quitté, hermétique au moindre appel à témoins, selon le parquet.

Le corps d'Adélaïde a été découvert le 20 novembre par des pêcheurs de crevettes, au petit matin, sur la plage de Berck. L'autopsie a révélé "un oedème pulmonaire vraisemblablement consécutif à une noyade".

Pourquoi a-t-elle tué son enfant ?

La mère a avancé des "difficultés qu'elle rencontrait dans la prise en charge quotidienne de la fillette, peu compatibles avec sa vie de couple", ajoute le parquet.

D'après son avocate, elle "réalise ce qu'elle a fait" et "exprime des remords". "Elle ne cherche pas à se trouver des excuses. Au contraire, elle dit n'être pas défendable", a ajouté l'avocate, après la mise en examen pour assassinat de sa cliente.