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Marseille : "A 14 ans, ils ont le cerveau retourné par des caïds"

L’âge des deux plus jeunes victimes de la fusillade dans les quartiers nord de Marseille dimanche suscite de l’indignation, mais guère de surprise pour ceux qui connaissent la cité des Lauriers où s'est déroulée l'attaque.
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Radio France
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 (La cité des Lauriers dans le 13e à Marseille où trois jeunes gens ont été tués dans la nuit dimanche © MaxPPP)

Deux adolescents de quinze et un jeune homme de 24 ans ont été abattus par des rafales d’armes automatiques, dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille, alors qu’ils se trouvaient dans le hall d’un immeuble de la cité des lauriers, un secteur dit sensible où un trafic de drogue avait été démantelé en mai dernier. Des trafiquants étaient-ils en train de reprendre en main ce commerce juteux ? C'est l'une des hypothèses ouvertes après un drame qui implique des adolescents de plus en plus jeunes. 

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La cité des Lauriers, ce sont quelques barres d’immeuble et une tour gigantesque de cent mètres de long sur douze étages aux cages d’escaliers qui semblent parfois à l’abandon. Alain, un infirmier qui vient souvent dans la cité, raconte qu’il a vu les lieux se dégrader au fil des années et au fil des trafics.

"Les jeunes ont pris petit à petit le pouvoir dans la cité et les gens qui habitent ici subissent. Ils ne peuvent pas partir parce qu’ils n’ont pas les moyens d’aller ailleurs."

Dans ces quartiers nord de Marseille, des adolescents rentrent dans le monde du trafic de drogue de plus en plus jeunes, avec des risques qui bien souvent les dépassent. C’est ce que remarque un chauffeur de bus dont la ligne dessert le quartier. Il se dit attristé mais pas du tout surpris par ce qui est arrivé ce week-end. Mais pas de fatalisme pour cet observateur d’un triste quotidien, il faut dialoguer encore et toujours avec ces jeunes, dit-il.

"Il faut parler avec ces jeunes de quatorze ans. A quatorze ans, ils ont le cerveau retourné par ces caïds-là. Vous trouvez des guetteurs qui ont douze ans. Et à quatorze ans, il y en a qui  sont même prêts à prendre les armes. C’est un truc de fou."

Le reportage de Gabriel Massenot, cité des Lauriers à Marseille
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Depuis janvier 2015, onze personnes sont mortes dans des règlements de comptes à Marseille.

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