Lynchage d'un Rom : Hollande et Valls condamnent

Après la violente agression subie par un adolescent rom en Seine-Saint-Denis, François Hollande a dénoncé mardi "des actes innommables et injustifiables". Manuel Valls a lui "condamné avec une grande fermeté" les actes. Selon les éléments de l'enquête recueillis par France Info, le jeune Rom aurait été victime de représailles après avoir commis un cambriolage.

(La jeune victime a été retrouvée près de la Cité des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine © Maxppp)

Un adolescent de 16 ans est toujours entre la vie et la mort, après avoir été séquestré et roué de coups vendredi par un groupe d'individus de la cité des poètes à Pierrefitte-sur-Seine en Seine-Saint-Denis. Le jeune, qui s'appelle Darius, était apparemment suspecté par certains habitants d'avoir commis des cambriolages.

 Mardi, François Hollande a dénoncé "des actes innommables et injustifiables, qui heurtent tous les principes sur lesquels notre République est fondée". Dans un communiqué publié par l'Elysée, le président de la République "exprime son indignation" et demande que "tout soit engagé pour retrouver les acteurs de cette agression".Même réaction du Premier ministre. Manuel Valls a condamné mardi "avec une grande fermeté l'agression de ce jeune homme et demandé à ce que les responsables de cet acte inacceptable soient retrouvés dans les délais les plus rapides pour répondre de leurs actes devant la justice".

 

Manuel Valls "condamne avec une grande fermeté" l'agression d'un jeune Rom
--'--
--'--

Le jeune Rom aurait pu avoir commis un cambriolage

Selon les derniers éléments de l'enquête recueillis par France Info, vendredi dernier, le jeune Darius a été désigné par plusieurs habitants de la cité des poètes à Pierrefitte comme l’auteur d’un cambriolage un peu plus tôt dans la cité. Une habitante aurait pris l’adolescent en flagrant délit de vol. Le jeune rom est effectivement connu des services de police pour plusieurs cambriolages dans le secteur.

Mais quelques heures plus tard au lieu de prévenir la police, un groupe d’une douzaine d’individus décide de se faire justice lui-même. Ils organisent une descente dans le camp rom qui jouxte la nationale 1 à la recherche de Darius. Certains sont armés de fusils, plusieurs coups de feu sont tirés sans faire de blessés.

Une demande de rançon auprès de sa mère

Marius parvient à s’échapper mais il sera rattrapé un peu plus tard avant d’être séquestré dans un lieu inconnu, peut-être une cave de la cité. Durant sa captivité, avant d’être retrouvé inanimé dans un caddie, le groupe a demandé à Darius de contacter sa mère par téléphone pour lui demander une rançon de 15.000 en échange de son fils et en réparation, on l’imagine, du préjudice. La mère de marius n’a informé la police de cette demende de rançon qu’après les faits. Pour retrouver les auteurs de cette vendetta, les enquêteurs disposent désormais des témoignages des occupants du campement rom. Ils exploitent les enregistrements des caméras dans la zone. Ils ont aussi récupéré, à proximité de ce fameux caddie en ensanglanté, plusieurs étuis de 22 millimètres non percutés. Des éléments qui pourraient aider à identifier les auteurs de ce rapt particulièrement violent.