Les syndicats de Sanofi exercent leur droit d'alerte après le suicide d'une salariée

Une salariée "revenue de burn-out" a mis fin à ses jours le 19 juin sur un site de Sanofi Aventis Groupe, à Gentilly (Val-de-Marne).

Le logo de Sanofi dans un laboratoire du groupe à Gentilly (Hauts-de-Seine), le 4 décembre 2017.
Le logo de Sanofi dans un laboratoire du groupe à Gentilly (Hauts-de-Seine), le 4 décembre 2017. (MAXPPP)

Les syndicats de Sanofi Aventis Groupe (SAG), alarmés après le suicide d'une salariée sur son lieu de travail, dénoncent "une mise en danger des vies" du personnel par des pratiques "intolérables" dans cette entité du groupe pharmaceutique Sanofi. Dans un tract commun diffusé jeudi 25 juin, les syndicats CFE-CGC, CFDT, CFTC, FO et CGT expliquent que les représentants du personnel ont exercé leur droit d'alerte "pour cause de danger grave et imminent", afin de "tenter de prévenir une situation devenue dangereuse", lors d'un comité social et économique (CSE) de SAG tenu mardi

Vendredi 19 juin, une salariée "revenue de burn-out" et travaillant sur un site de SAG à Gentilly (Val-de-Marne) "a mis fin à ses jours dans les locaux de l'entreprise", indiquent les syndicats. "Salariée de la filiale Sanofi Winthrop Industrie, elle travaillait étroitement avec les fonctions supports de SAG", a précisé à l'AFP Pascal Lopez (FO), confirmant des informations du Parisien. Et elle avait elle-même "fait partie" de SAG "de 2009 à 2013", selon le tract.

Les syndicats demandent une enquête

Son "geste définitif survenu sur le lieu de travail est un énième traumatisme" pour les 3 500 salariés de SAG, "déjà fragilisés par les pratiques de l'entreprise", s'inquiètent les syndicats. Pascal Lopez évoque notamment le système interne d'"évaluation des performances" attribuant des notes au personnel. 

Deux autres salariés ont mis fin à leurs jours, en octobre et en mai, et une tentative de suicide a eu lieu fin avril, selon Pascal Lopez. "La multiplication de ces drames ne peut pas être regardée comme une simple coïncidence", estiment les syndicats.

Les organisations disent avoir alerté la direction "depuis plusieurs mois" et "de manière réitérée". Lors du CSE, elles ont "voté à l'unanimité une résolution" pour réclamer des mesures "de toute urgence", a indiqué Pascal Lopez. Critiquant l'absence de "prévention primaire" dans l'entreprise, les cinq syndicats exigent "l'organisation sans délai d'une enquête, avec l'administration du travail, pour qu'il soit mis définitivement fin aux dérives organisationnelles et de gestion qui aboutissent à ces désastres".


Si vous avez besoin d'aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d'un membre de votre entourage, il existe des services d'écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est joignable 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D'autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.