Le maire d’Haubourdin fait déverser de la boue sur un camp de Roms

Sur ordre du maire, des agents de la ville d’Haubourdin, dans le Nord, ont déposé plusieurs tonnes de boue devant un campement de Roms pour les chasser du terrain sur lequel ils étaient installés.

(A 10h jeudi, des agents de la police municipale ont déversé une quinzaine de tonnes de boue devant le camp © Maxppp)

 Le maire d'Haubourdin près de Lille s'attaque aux Roms, et c’est peu dire que la manière fait polémique. Jeudi matin, à 10h, des agents de la police municipale de la mairie d’Haubourdin, dans le Nord, ont déposé plusieurs tonnes de boue juste devant leur campement.

Sous le coup d’une procédure d’expulsion

Une vingtaine de personnes était installées depuis mai dernier sur un terrain appartenant à la Métropole Européenne de Lille (la communauté urbaine). Sous le coup d'une procédure d'expulsion, ils ont alors déménagé juste à côté, sur un terrain appartenant au département. De là, la mairie ne pouvant plus les expulser, le maire, Bernard Delaby, a cru bon recourir à un déversement de boue pour les en déloger.

Le collectif AGIR pointe une absence de dialogue

L’affaire a suscité l’ire du collectif AGIR, l’Association Générosité Insertion Roms. Un de ses membres, Louis Minne, témoigne :  "La police municipale s’est dit chouette, on les prend en flagrant délit de dépassement de délai. Sauf que nous avions anticipé… et les avons mis à l’abri ailleurs. Le maire, lui, a fait déverser une quinzaine de tonnes de fond de rivière nauséabond. " Et pointe une absence de dialogue : "Nous essayons de discuter avec la mairie, les Roms eux-mêmes cherchent ce dialogue et savent qu’ils causent malgré eux des nuisances. Il y a une vraie absence de dialogue…Maintenant, il faut chercher des solutions d’hébergement durable ."

"Il faut renouer le dialogue !" Louis Minne (AGIR)
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"On revient 70 ans en arrière"

"’C'est une honte, on revient 70 ans en arrière ! J’ai honte de ma ville. Ils ne gênent personne ! Ils ne mendient même pas… Il y a des bébés dans ce campement ! ", a expliqué, émue, une voisine. "Quelle solution voulez-vous que je trouve ? Il n’est pas possible pour la ville d’Habourdin d’accueillir et de gérer sur son territoire 30 personnes de populations migrantes supplémentaires. Le but, c’est de les voir partir d’Haubourdin, qui a déjà son plein de misère. Quand vous avez des riverains qui sont importunés jour et nuit par le bruit et les odeurs, mettez-vous à leur place !" , se défend de son côté Bernard Delaby, le maire divers droite de la commune. Suite à cette affaire, le conseil général du Nord a lui aussi porté plainte hier pour occupation illégale du site et a lancé une procédure d'expulsion.