Le commissaire Neyret a-t-il vendu des fiches de police à des truands ?

S'il reconnait avoir bénéficié de "faveurs", l'ex-patron de la PJ lyonnaise réfute, par la voix de son avocat, les accusations de Paris Match. Selon le site de l'hebdomadaire, le commissaire aurait monnayé ses services à des figures de la pègre.

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Le rapport d'enquête de l'IGS, la "police des polices", évoque une centaine de fiches de police "sorties" par Michel Neyret du fichier Stic, ainsi que sept d'Interpol. Mais pour l'heure, aucune preuve de versements d'espèces dont l'ex-patron de la PJ lyonnaise aurait bénéficié, contrairement aux allégations de parismatch.com.

Selon le site de l'hebdomadaire, le super-flic aurait monnayé ces fiches jusqu'à 50.000 euros l'unité. Et l'hebdo maintient, malgré le démenti formel de l'avocat de Neyret, Me Yves Sauvayre, qui crie à la calomnie.
Selon parismatch.com, s'il n'y a aucune preuve de versement physique d'espèces sur les comptes de Neyret ou de son épouse, il en est question dans des conversations téléphoniques interceptées par les enquêteurs.

Parmi les fiches Interpol, figure celle d'une figure du grand banditisme, Yannick Dacheville, soupçonné d'être à la tête d'un important trafic de cocaïne. Ou encore celle de Gilbert Chikli, un homme en fuite, recherché pour escroquerie. Ces deux fiches ont été retrouvées dans le bureau lyonnais de Gilles Bénichou, soupçonné d'appartenir au milieu lyonnais, lui aussi écroué dans cette affaire.

Selon son avocat, Neyret n'a jamais été interrogé sur ces fiches. Me Sauvayre demande que l'ex-commissaire puisse retourner rapidement devant les juges : "Cela fait un mois et demi qu'il est en détention. Il ne va vraiment pas bien. Depuis sa mise en examen, il n'a pas été entendu. Cela n'avance pas. Il est coupé du monde", explique l'avocat.