La plaque en mémoire d'Ilan Halimi à Bagneux retrouvée brisée

Le jeune Juif français avait été torturé et tué en 2006 par le gang des barbares. Une enquête a été ouverte pour "dégradation volontaire".

Une affiche à la mémoire d\'Ilan Halimi, le 11 avril 2015 à Paris, devant l\'Hyper Cacher de la porte de Vincennes.
Une affiche à la mémoire d'Ilan Halimi, le 11 avril 2015 à Paris, devant l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes. (WINFRIED ROTHERMEL / PICTURE ALLIANCE / AFP)

La plaque en mémoire d'Ilan Halimi, ce jeune Français de confession juive tué par le gang des barbares en 2006, a été retrouvée brisée samedi 2 mai à Bagneux (Hauts-de-Seine), ville de son calvaire. "C'est scandaleux, inacceptable, je suis extrêmement choquée", a réagi la maire de Bagneux, Marie-Hélène Amiable, contactée par l'AFP. Une enquête a été ouverte pour "dégradation volontaire", indique le parquet.

Avertie samedi vers 18 heures par le courriel d'un habitant, elle a fait aussitôt retirer la plaque, posée au pied d'un jeune chêne dans le parc Richelieu, au centre de la ville, après une cérémonie de commémoration en 2011, a constaté un journaliste de l'AFP. "Elle sera changée dès que possible lundi", a précisé la maire, qui a porté plainte au commissariat de Bagneux, chargé de l'enquête. Après avoir constaté la vitre cassée, "les policiers penchent pour l'instant pour des jets de pierres", a-t-elle ajouté.

"Un symbole extrêmement fort"

"Pour notre ville, c'est un symbole extrêmement fort", poursuit Marie-Hélène Amiable, qui "pense fortement à un acte de vandalisme", mais, très prudente, ne veut pas exclure "la chute d'une branche ou un ballon", tant que la police n'aura pas fait la lumière complète sur les faits.

Sur Twitter, le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a exprimé sa "consternation". Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a estimé que ce geste était "une honte". Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a de son côté évoqué "un défi lancé à la France contre l'antisémitisme".

"Je suis navré, c'est désolant, c'est un acte inqualifiable. Mais je ne suis même plus surpris, maintenant, on s'attaque à tout", a déclaré, dépité et en colère, Philippe Obadia, représentant de la communauté juive de Bagneux, qui compte une cinquantaine de familles.

Ilan Halimi avait été retrouvé nu, bâillonné et menotté près d'une voie de chemin de fer dans l'Essonne après avoir été enlevé et torturé trois semaines durant à Bagneux par le "gang des barbares". Il était mort lors de son transfert à l'hôpital. Le chef du gang, Youssouf Fofana, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.