Vincent Bolloré placé en garde à vue : "Ce n'est pas une surprise"

"Vincent Bolloré a déjà été entendu comme témoin en février 2013" dans cette affaire, a déclaré mardi sur franceinfo le journaliste Nicolas Vescovacci.

L\'homme d\'affaire Vincent Bolloré à Paris, le 26 juin 2017.
L'homme d'affaire Vincent Bolloré à Paris, le 26 juin 2017. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

Vincent Bolloré "savait qu’il serait entendu par la police judiciaire de Nanterre", a assuré mardi 24 avril sur franceinfo le journaliste Nicolas Vescovacci, co-auteur de Vincent tout-puissant paru en janvier aux éditions JC Lattès. Pour lui, le placement en garde à vue du milliardaire breton n'est "pas une surprise". Cela concerne une concession portuaire en Afrique de l’Ouest. Le groupe, dans un communiqué, dément toute irrégularité.

franceinfo : Cette audition n’est pas une surprise totale, le groupe s’y attendait ?

Nicolas Vescovacci : Sur cette affaire, ce n’est pas une surprise car Vincent Bolloré a déjà été entendu comme témoin en février 2013 par la brigade financière dans le cadre d’une plainte contre X qui s’est transformé en information judiciaire en novembre 2013. Il est soupçonné de corruption d'agent public étranger et de trafic d’influence. Mais le groupe ne s’attendait pas à la garde à vue.

Le groupe Bolloré est très implanté en Afrique ?

Bolloré investit depuis les années 1980. Cette affaire concerne la concession portuaire de Conakry en Guinée. Le groupe Bolloré a mis une de ses filiales de communication au service de la campagne du président Alpha Condé en 2010. Après avoir été élu, Alpha Condé a décidé d’octroyer le port à Vincent Bolloré, alors qu’une concession avait été octroyée à une société concurrente. La justice française essaie de savoir si le groupe Bolloré n’a pas utilisé sa filiale de communication pour obtenir la concession portuaire.

Depuis quelques temps, Vincent Bolloré a pris ses distances avec Vivendi et Canal+. Une anticipation, selon vous ?

Bolloré savait qu’il serait entendu par la police judiciaire de Nanterre. Il a pris les devants en confiant les rênes de Vivendi à son fils Yannick Bolloré pour éviter d’apparaître comme impliqué dans une affaire de corruption. Cela ferait moche dans le tableau de voir un président d'un grand groupe entendu par la police. Il a voulu préserver l’image du groupe.