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Travail illégal : la "liste noire" des entreprises condamnées bientôt sur internet

Un décret paru vendredi 23 octobre au Journal officiel permet à la justice de rendre publique ces condamnations.

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Un juge pourra désormais rendre publique la condamnation d'une entreprise pour travail illégal. (BERNARD JAUBERT / ONLY FRANCE / AFP)

C'est une "liste noire" du travail au noir. Un juge condamnant une personne ou une entreprise à une amende pour travail illégal peut désormais rendre publique son identité sur le site internet du ministère du Travail, selon un décret paru vendredi 23 octobre au Journal officiel.

Cette "peine complémentaire" est rendue possible par la loi dite "Savary" du 10 juillet 2014 "visant à lutter contre la concurrence sociale déloyale". Elle est à la discrétion du juge pénal qui fixe la durée de la publication, dans la limite de deux ans. Le décret d'application dit "liste noire" est entré en vigueur samedi.

Une liste consultable gratuitement

Cette liste sera "consultable librement et gratuitement par toute personne" dans une rubrique dédiée sur le site du ministère du Travail, précise le décret signé par le Premier ministre Manuel Valls et deux ministres, Myriam El Khomri (Travail) et Christiane Taubira (Justice).

"C'est la première fois en France qu'un juge pourra prononcer une peine complémentaire d'affichage d'une décision de condamnation en matière de travail illégal sur un site internet, accessible à tous", s'est félicitée la ministre dans un communiqué.

"L'objectif est d'assurer la transparence"

Y figureront notamment l'identité des personnes physiques (nom, prénom, date et lieu de naissance...), leur adresse professionnelle, la nature de l'infraction, ainsi que la durée et la date de fin de diffusion. Les entreprises seront nommées, ainsi que l'identité de leur représentant légal "lorsque celui-ci est également condamné", précise le décret.

"L'objectif est d'assurer une transparence sur les pratiques frauduleuses des entreprises, à destination de leurs clients potentiels", indique Myriam El Khomri, qualifiant d'"extrêmement dissuasive" une telle publication.

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