Surirradiés d'Epinal : la cour d'appel de Paris réduit les peines des trois accusés à de la prison avec sursis

En première instance, ils avaient été condamnés à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour les médecins, et à trois ans, dont 18 mois ferme, pour le radiophysicien.

Un appareil de radiothérapie à l\'hôpital Jean-Monnet d\'Epinal (Vosges), le 29 janvier 2008.
Un appareil de radiothérapie à l'hôpital Jean-Monnet d'Epinal (Vosges), le 29 janvier 2008. (MAXPPP)

La cour d'appel de Paris a réduit, jeudi 2 juillet, à de la prison avec sursis les peines des deux médecins et du radiophysicien poursuivis pour le scandale sanitaire des surirradiations à l'hôpital d'Epinal (Vosges), pire accident de ce type jamais enregistré en France. Près de 450 patients, principalement traités pour un cancer de la prostate, avaient été victimes de surirradiations dans l'établissement entre 2001 et 2006, lors de deux incidents différents. Douze en sont morts, et beaucoup souffrent de séquelles très graves.

La cour d'appel a confirmé la culpabilité des trois hommes, notamment pour homicides et blessures involontaires, mais a réduit à trois ans de prison avec sursis intégral leurs peines. En première instance, ils avaient été condamnés à quatre ans, dont 18 mois ferme, pour les médecins, et à trois ans, dont 18 mois ferme, pour le radiophysicien. Alors que l'accusation avait requis la confirmation de ces condamnations, le président de la cour d'appel a rappelé que la prison ferme était prévue comme un "dernier recours".

Interdiction à vie d'exercer la profession de médecin

La cour a par ailleurs confirmé l'interdiction à vie d'exercer leur profession pour les deux médecins, Jean-François Sztermer, 66 ans, et Michel Aubertel, 64 ans, et le radiophysicien Joshua Anah, 57 ans. La cour a dénoncé les "manquements coupables" des trois hommes, ainsi que leurs "dissimulations des erreurs commises" une fois celles-ci découvertes.

Elle a estimé qu'il n'y avait pas de distinction à faire entre eux, la "gravité" des erreurs commises par le radiophysicien étant "équilibrée par la plus grande responsabilité" des médecins.