Un père jugé pour avoir tué sa fille dont il ne supportait plus le handicap

Le procès de cet homme de 45 ans s'ouvre mardi devant la cour d'assises de Seine-et-Marne. Il risque une peine de prison à perpétuité.

"C'est un crime d'amour, une affaire qui sort de l'ordinaire", clame son avocat à Sud Ouest. Un homme de 45 ans est jugé par la cour d'assises de Seine-et-Marne à partir du mardi 18 mars pour avoir mis fin aux jours de sa fille car il ne supportait plus son handicap, comme le raconte le quotidien régional.

La scène se passe dans le village de Boulancourt, à 80 kilomètres au sud de Paris, le 3 janvier 2011. A bout de nerfs, le père de famille décide de passer à l'acte. Il se rend dans la chambre de sa fille, place sa main devant la bouche de son enfant et l'étouffe dans son sommeil. Johana était âgée de 6 ans. 

Ce maçon devait s'occuper seul de sa femme, maniaco-dépressive, et de sa fille. L'enfant, prise en charge dans la journée par un centre spécialisé, était tétraplégique, épileptique et souffrait d'un fort retard mental. Née prématurée, elle devait porter des couches et ne pouvait pas rester assise.

Epuisé par la pression

L'accusé est décrit par les psychiatres comme un père aimant. "C'est une accumulation de pressions qui l'a amené à mettre fin aux jours de son enfant", plaide l'avocat. L'homme était "épuisé". Il ne prenait plus ses antidépresseurs et se réfugiait dans l'alcool.

"Dépressif et inquiet", il avait prévu de tuer sa femme puis de se suicider, "mais il n'en a pas eu le courage", relate son avocat. Un virement de 10 000 euros avait été effectué sur le compte en banque de sa mère, en prévision des obsèques de toute la famille. L'accusé fera face aux jurés jusqu'à jeudi. Selon le Code pénal, il risque une peine de prison à perpétuité.