Affaire "Air Cocaïne" : Christophe Naudin maintenu en détention provisoire à Saint-Domingue

La justice dominicaine a rejeté l'appel de ce Français, extradé depuis l'Egypte en mars pour son implication dans l'évasion des deux pilotes condamnés dans cette affaire.

Le Français Christophe Naudin, lors de son arrivée à Saint-Domingue (République dominicaine), le 8 mars 2016.
Le Français Christophe Naudin, lors de son arrivée à Saint-Domingue (République dominicaine), le 8 mars 2016. (ERIKA SANTELICES / AFP)

Le Français Christophe Naudin a été maintenu, mardi 3 mai au soir, en détention provisoire en République dominicaine, pour son implication dans l'évasion des deux pilotes français de l'affaire "Air Cocaïne". Son avocat, Franck Berton, a annoncé le rejet de son appel destiné à contester son extradition d'Egypte vers Saint-Domingue, survenue en mars : "J'ai assisté au réquisitoire d'un procureur de la République qui n'a apporté aucun argument juridique en réponse", a dénoncé l'avocat.

"C'est un abus de pouvoir car je suis totalement innocent et ici on utilise la prison comme un moyen de pression", a déclaré en espagnol Christophe Naudin à la sortie de l'audience, selon les images des médias locaux, avant de quitter le tribunal sous escorte policière. "On est dans un combat politique et non juridique", a également estimé Franck Berton, qualifiant son client de "bouc émissaire" payant pour l'évasion des pilotes.

Une extradition illégale, selon son avocat

Christophe Naudin, criminologue et expert en sécurité aérienne de 53 ans, avait été extradé début mars d'Egypte vers Saint-Domingue, qui avait émis un mandat d'arrêt à son encontre pour sa participation à l'évasion des pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés à 20 ans de prison pour trafic de drogue. Le Français, qui encourt 10 à 15 ans de prison pour association de malfaiteurs et trafic de migrants, avait été placé dès son arrivée en détention provisoire pour trois mois.

Franck Berton, qui a dénoncé les "conditions de détention particulièrement scandaleuses" de son client, placé à l'isolement, contestait l'application contre lui de la Convention de Palerme, régie par les Nations unies. Cette convention autorise toute extradition d'une personne accusée de traite d'êtres humains. Or "M. Naudin ne s'est pas livré à de la traite d'êtres humains" donc "il a été extradé de manière totalement illégale", selon son avocat.

Un long pourvoi en cassation 

Franck Berton a annoncé son intention de se pourvoir en cassation, soulignant toutefois que le délai d'examen de la demande par la Cour suprême était d'environ six mois. "Pendant ce temps-là, Christophe Naudin reste en détention provisoire et je ne sais pas comment il va tenir, je suis très inquiet", a-t-il ajouté.

Hormis Christophe Naudin et les deux pilotes évadés, deux Français ont été arrêtés dans cette affaire. Ils sont, eux, restés sur l'île en attendant de savoir si leur peine, 20 ans de prison, serait maintenue. L'un d'eux, Nicolas Pisapia, présenté comme le passager de l'avion, connaîtra vendredi les nouvelles réquisitions à son encontre.