Noyade lors d'un bizutage à Saint-Cyr : trois militaires condamnés à de la prison avec sursis, quatre autres relaxés

Jallal Hami, 24 ans, était mort noyé en 2012 lors d'une épreuve censée simuler le débarquement de Provence. À l'énoncé du verdict, son frère a dénoncé une "trahison".

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La victime, Jallal Hami, en uniforme militaire sur une photo non datée. (AFP)

La décision laisse "un goût amer" au frère de la victime. Trois militaires ou anciens militaires ont été condamnés à des peines de six à huit mois de prison avec sursis pour "homicide involontaire", et quatre ont été relaxés, par le tribunal correctionnel de Rennes jeudi 14 janvier, après la mort en 2012 d'un élève officier de l'école de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan) lors d'une épreuve s'apparentant à un bizutage.

Jallal Hami, alors âgé de 24 ans, s'était noyé dans un étang au cours d'une activité de "transmission des traditions" sur le thème du débarquement des Alliés en Provence. Les nouveaux élèves devaient traverser à la nage une distance de 43 mètres, portant des casques et des rangers, de nuit et dans une eau à 9 °C. De nombreux élèves s'étaient retrouvés en difficulté, les organisateurs finissant par leur lancer des bouées.

Un ancien responsable de l'école condamné

La peine la plus lourde, huit mois avec sursis, a été infligée à Hugues Delvolve, qui était "colonel des gardes", l'un des plus hauts responsables du "bahutage" tragique. Une peine de 18 mois de prison avec sursis avait été requise à l'encontre de cet homme de 30 ans, aujourd'hui ouvrier agricole.

Le capitaine Marc Assier de Pompignan, 31 ans, qui était responsable élu de la promotion ("père système") et avait reconnu sa responsabilité dans le drame, a été condamné à six mois de prison avec sursis, soit moins que les réquisitions (12 mois avec sursis).

Enfin, l'ancien chef de bataillon Hervé Wallerand, 49 ans, chargé des élèves de 2e année à l'époque des faits et aujourd'hui cadre dans le privé, a lui aussi été condamné à six mois de prison avec sursis. Le parquet avait requis deux ans avec sursis à son encontre.

Le frère de la victime espère un appel

"Marc Assier de Pompignan et M. Delvolve ont été présents du début à la fin. Quant à M. Wallerand, nous avons estimé qu'il avait connaissance du risque et qu'il avait commis une faute caractérisée, notamment l'absence de contrôle, qu'il avait un peu fermé volontairement les yeux", a détaillé le président du tribunal Alain Kerhoas.

"Je rappelle que pour déclarer coupables les prévenus, il fallait déterminer, non seulement une faute, mais une faute caractérisée : c'est le texte qui l'exige", a ajouté le magistrat, pour expliquer les quatre relaxes.

"Monsieur ! l'a alors interpellé le frère de la victime, Rachid Hami. Je vous remercie d'avoir trahi mon frère, une fois de plus. Vous m'avez déçu." Un peu plus tard, ce dernier a dénoncé un "quantum des peines ridicule pour une vie". Il a dit espérer que le procureur, Philippe Astruc, fera appel. Celui-ci a indiqué à l'AFP qu'il allait "prendre connaissance du jugement" et qu'il se déciderait "sur la pertinence d'un appel dans le courant de la semaine prochaine".

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