Mort du petit Tony : "Il n'y a pas besoin de dénoncer son voisin mais juste de dénoncer les cris que l'on entend", explique une magistrate

Il ne s'agit pas de dénoncer des personnes mais des faits, insiste sur franceinfo Céline Parisot, présidente de l‘Union Syndicale des Magistrats (USM).

Une femme tient un portrait de Tony, le 30 novembre 2016, lors d\'une marche à Reims en mémoire de l\'enfant mort sous les coups du conjoint de sa mère.
Une femme tient un portrait de Tony, le 30 novembre 2016, lors d'une marche à Reims en mémoire de l'enfant mort sous les coups du conjoint de sa mère. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Après la mort du petit Tony, 3 ans, à Reims à la suite de sévices répétés, un voisin qui résidait à l'étage en dessous de Tony est jugé mardi 22 octobre pour "non-dénonciation de mauvais traitements infligés à une personne vulnérable." Les constatations établissent que l'enfant a été battu au cours des six dernières semaines. "Il n'y a pas besoin de dénoncer son voisin mais juste de dénoncer les cris que l'on entend", a expliqué sur franceinfo Céline Parisot, présidente de l‘Union Syndicale des Magistrats (USM).

franceinfo : La dénonciation de tels faits est-elle obligatoire ?

Céline Parisot : Il y a un texte qui est très clair et qui impose de dénoncer des mauvais traitements infligés à un mineur. L'obligation porte sur la dénonciation de faits et pas sur des personnes. Il n'y a pas besoin de dénoncer son voisin mais juste de dénoncer les cris que l'on entend, les coups que l'on voit, les bleus que l'on voit sur un enfant.

Auprès de qui faut-il faire cette dénonciation ?

Il y a le numéro national, le 119, des associations d'aide aux victimes qui peuvent orienter les personnes qui ne savent pas à qui s'adresser. Juste en parler à son voisin ou à la concierge ne va pas suffire. Il faut quelqu'un qui ait les moyens d'enquêter sur ce qui se passe et éventuellement de faire cesser ensuite les mauvais traitements.

Ce genre de procès est-il fréquent ?

C'est très rare, mais si ça peut conduire à une prise de conscience que les enfants sont vulnérables et dans l'incapacité totale de se défendre tout seul et que si ces choses-là se passent, c'est parce que leur entourage n'est pas en mesure de les défendre. Si on n'a pas des gens qui les aident, ces pauvres petits ne peuvent pas le faire tout seul.