Montpellier : une jeune femme condamnée pour apologie du terrorisme

Une jeune femme de 26 ans, ex-candidate à un concours de Miss, a été condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Montpellier à trois ans de prison, dont deux ferme, pour apologie du terrorisme.

Un avocat au tribunal (Photo d\'illustartion)
Un avocat au tribunal (Photo d'illustartion) (MAXPPP)

Une jeune femme de 26 ans, qui comparaissait mercredi 16 août au tribunal correctionnel de Montpellier (Hérault) pour apologie du terrorisme, a été condamnée à trois ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis.

Elle envisageait de partir en Syrie

Laetitia (prénom d'emprunt), ancienne candidate à un concours de Miss, est apparue devant le juge comme toutes les jeunes femmes de son âge, rapporte France Bleu Hérault qui a couvert son procès.

Très grande, les cheveux relevés en chignon, elle s’est exprimée avec aisance devant le président, affirmant s’être "bien convertie à l'islam, à la mosquée de Lunel il y a un peu plus d'un an". A cette époque, "j'étais avec mon conjoint plus âgé que moi, j'osais pas l'abandonner. Avec ces gens- là, j'ai trouvé autre chose", a-t-elle déclaré.

A la mosquée de Lunel, j'ai rencontré des gens gentils avec moi. La religion, c’était un refuge, je me suis laissée endoctrinée.Laetitia (nom d'emprunt)à franceinfo

En janvier 2017, elle recopie sur sa page Facebook une phrase d'allégeance à Daech et appelle au jihad. Sur son téléphone, les enquêteurs découvrent alors des dizaines de photos de femmes et d'enfants en niqab ou en burka, les armes à la main, des fichiers audios de chants à la gloire de l'Etat islamique et des vidéos de décapitations de prisonniers.

"J'ai cru ce qu'on me racontait sur ce qui se passait en Syrie", a-t-elle tenté de justifier. Elle envisage d’ailleurs de s'y rendre après s'être mariée en Tunisie avec un homme qu'elle a rencontré via Facebook. Elle n'en aura pas le temps, puisque elle est incarcérée en janvier 2017. Elle affirme aujourd'hui qu'elle ne pratique plus la religion et qu'elle n'est plus en contact avec cet homme. Elle assure aussi qu'elle a radicalement changé et qu'elle aspire enfin à une vie stable.

"Une proie idéale"

Pour son avocat, Maître Luc Abratkiewicz, "Laetitia" n'est qu'une victime. "C'était la proie idéale. Ma cliente a été victime de gens qui ont vu son mal-être, qui était facile à recruter, a-t-il expliqué. Dans le processus de radicalisation, on voit des facteurs psychologiques puisqu'effectivement c'est une jeune fille en rupture avec sa famille, des facteurs sociaux, elle est ancienne toxicomane, elle vit dans la rue, elle recherche un idéal puisqu'elle se sent exclue."

"Pour autant ça n'excuse pas l'infraction qui lui est reprochée. Mais il faut faire attention à ce qu'on juge, a précisé l'avocat.

On juge l'apologie du terrorisme, on n'est pas là pour juger quelqu'un qui serait terroriste et pourrait potentiellement commettre un attentatMaître Luc Abratkiewiczà franceinfo

Dans son intervention, maître Luc Abratkiewicza estimé que la prison n'était pas la solution pour sa cliente mais a plaidé pour un suivi socio-judiciaire afin qu'elle puisse retrouver une vie normale. "La détention est un lieu de radicalisation, a-t-il lancé. Cette jeune femme a dit : 'laissez-moi vous prouver que j'ai changé". Des preuves, c'est ce suivi socio-judiciaire, il garantit la sécurité mais aussi sa réinsertion." Le tribunal n'a pas tenu compte de ses arguments. En plus de sa condamnation à trois ans de prison dont un an avec sursis, la peine de la jeune femme est assortie d'une mise à l'épreuve pendant trois ans avec obligation de se soigner, de travailler et d'obtenir l'autorisation du juge d'application des peines avant tout déplacement à l'étranger.