Il proposait d'épargner sur des manuscrits, le patron d'Aristophil est mis en examen

La justice soupçonne une escroquerie avec un système pyramidal de type Ponzi.

Gerard Lheritier, fondateur d\'Aristophil, le 2 avril 2014.
Gerard Lheritier, fondateur d'Aristophil, le 2 avril 2014. (MARTIN BUREAU / AFP)

La justice a flairé l'arnaque. Gérard Lhéritier, fondateur d'Aristophil, société qui proposait aux épargnants de placer leur argent dans des lettres historiques ou des manuscrits, a été mis en examen jeudi 5 au soir, pour des soupçons d'escroquerie.

Aristophil proposait de placer son épargne dans des manuscrits avec des taux annoncés de 8% à 9%. Ce dispositif lui a permis de se bâtir une jolie clientèle et une belle couverture médiatique. Mais la justice doute de la légalité du dispositif. Signe de l'énormité des sommes en jeu dans ce que les enquêteurs pensent être un système pyramidal de type Ponzi, il s'est vu imposer un cautionnement de 2 millions d'euros dans le cadre de son contrôle judiciaire.

Sa fille, responsable de la gestion des collections, et l'expert comptable de la société ont également été mis en examen. Le juriste qui rédigeait les contrats avec les épargnants et un libraire-expert comparaissaient également devant une magistrate dans la nuit de jeudi à vendredi.

Escroquerie en bande organisée

Après avoir mené depuis mars 2014 une enquête préliminaire, le parquet a ouvert jeudi une information judiciaire notamment pour escroquerie en bande organisée, présentation de comptes infidèles, pratiques commerciales trompeuses, abus de biens sociaux et abus de confiance.

Les enquêteurs soupçonnent la mise en place d'un système pyramidal, à l'image de celui qui avait rendu célèbre Bernard Mardoff. Ils ont comptabilisé à ce stade 18 000 souscripteurs ayant conclu des contrats pour un montant de 850 millions d'euros, selon la source.