Grande roue de Paris : le "roi des forains", Marcel Campion, mis en examen

Il a été mis en examen pour abus de biens sociaux à hauteur de 75 000 euros et recel de favoritisme dans l'enquête qui porte notamment sur la convention passée avec la mairie de Paris en 2015 pour l'installation de sa grande roue à la Concorde.

Marcel Campion pose devant la grande roue de la Place de la Concorde (Paris), le 24 novembre 2016.
Marcel Campion pose devant la grande roue de la Place de la Concorde (Paris), le 24 novembre 2016. (BERTRAND GUAY / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Les affaires de Marcel Campion, promoteur des fêtes foraines parisiennes et du marché de Noël des Champs-Elysées, était dans le collimateur de la justice depuis plus de dix-huit mois. Le "roi des forains" a été mis en examen, mercredi 31 mai, pour abus de biens sociaux à hauteur de 75 000 euros et recel de favoritisme dans l'enquête qui porte notamment sur la convention passée avec la mairie de Paris en 2015 pour l'installation de sa célèbre grande roue à la Concorde.

Les affaires de Marcel Campion sont dans le collimateur de la justice depuis plus de dix-huit mois. Après la publication d'articles dans Le Canard enchaîné, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en octobre 2015 avant de passer le relais le 4 juillet 2016 à des juges d'instruction, saisis d'une information judiciaire portant notamment sur des délits présumés de favoritisme, abus de biens sociaux, blanchiment de fraude fiscale et participation à une entente illicite.

Les enquêteurs s'interrogent notamment sur la gestion des activités foraines de Marcel Campion et sur les conditions d'attribution en 2015 par la ville de Paris de l'emplacement de son attraction phare sur la prestigieuse place de la Concorde. Il avait été placé en garde à vue pendant 48 heures en mars ainsi qu'un cadre intermédiaire de la mairie, "en charge du suivi technique du dossier Campion", selon une source proche du dossier.

Dépôt d'une requête en nullité

L'avocate de Marcel Campion a annoncé à franceinfo, vouloir déposer une requête en nullité de la procédure. "Nous allons déposer une requête en nullité, parce que dire qu'il y a favoritisme sur une convention passée entre deux personnes, c'est une ineptie juridique. Je pense que c'est du simple bon sens : on n'est pas dans un marché public, c'est une convention passée entre deux personnes", a expliqué Me Alix Canu-Bernard.

"C'est une décision qui a été prise à la mairie. Par qui, je n'en sais rien, parce que je vous rappelle quand même que, quand on est en recel de favoritisme, c'est bien qu'il y a quelqu'un qui a favorisé. Moi j'aimerais savoir qui. C'est la question qu'on a posé au juge hier : qui a favorisé à la mairie ? La maire ? Ses adjoints ? Son cabinet ?", s'est interrogée l'avocate. "On ne sait même pas qui a été favorisé parce que le juge s'est axé sur M. Campion. On sent bien que c'est lui qui est dans la ligne de mire, ça n'est pas la mairie. Ou alors…M. Campion est le chaînon pour atteindre la mairie, pour les juges. C'est encore autre chose, et ça n'est pas une possibilité à exclure."