Ce que l'on sait des trois personnes interpellées dans l'affaire du groupe AZF

Trois supects ont été interpellés, mardi matin, dans l'Yonne, le Loiret et en Seine-et-Marne, à la suite d'une dénonciation. franceinfo revient sur cette affaire du mystérieux groupe AZF qui avait menacé de saboter le réseau ferré français en 2003 et 2004.

Le mystérieux groupe AZF avait menacé de saboter le réseau ferré français en 2003 et 2004.
Le mystérieux groupe AZF avait menacé de saboter le réseau ferré français en 2003 et 2004. (OLIVIER MORIN / AFP)

L'affaire du mystérieux groupe AZF qui avait menacé de saboter le réseau ferré français en 2003 et 2004 est-elle relancée ? Plus de 14 ans après l'ouverture d'une information judiciaire pour associations de malfaiteurs terroristes, trois suspects ont été interpellés, mardi 26 juin. franceinfo vous explique.

Deux hommes et une femme interpellés

Les interpellations ont eu lieu au petit matin, mardi, vers 6 heures, dans les départements de l'Yonne, du Loiret et en Seine-et-Marne. Deux hommes, nés en 1947 et 1953, ainsi qu'une femme née en 1962, ont été interpellées par des hommes de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire. Les identités des trois suspects n'ont pour l'instant pas filtré, mais une source policière a indiqué à franceinfo qu'à ce stade de l'enquête, aucun d'entre eux n'était connu des services de police ni n'avait fait l'objet de condamnation.

Des faits qui remontent à 2003

Le groupe AZF avait signé plusieurs menaces d'attentats contre le réseau ferroviaire français à partir du 11 décembre 2003, avec une demande de rançon de quatre millions d'euros et d'un million de dollars. À l'époque, plus de 10 000 cheminots avaient été mobilisés pour examiner 32 000 km de voies ferrées. Une bombe constituée d'un mélange de fioul et de nitrate d'ammonium avait ainsi été trouvée sur la ligne Paris-Toulouse, au nord de Limoges, à proximité d'un embranchement conduisant à un site de stockage d'uranium. Une autre bombe avait été trouvée près de Troyes (Aube) avant que le groupe annonce suspendre ses actions en mars 2004.

Une enquête via des petites annonces dans "Libération"

Pour échanger avec le groupe AZF, les autorités françaises avaient utilisé un moyen de communication peu orthodoxe, qui avait fait les choux gras de la presse à l'époque. La police avait en effet utilisé les petites annonces payantes du journal Libération. Le pseudo de la police ? Suzy, en référence aux première et dernière lettres du nom du ministre de l'Intérieur de l'époque, un certain Nicolas Sarkozy. Le groupe AZF utilisant le pseudonyme de "mon gros loup". Ce qui a donné des échanges très étranges.

L'affaire relancée par une dénonciation

L'enquête a été relancée très récemment, a appris franceinfo de sources concordantes. Il y a "plusieurs semaines", une personne possiblement liée au groupe AZF à l'époque des faits a décidé de dénoncer à la police les trois personnes qui ont été interpellées mardi, probablement par vengeance.

Aucune motivation "politique" particulière

Les trois suspects sont présentés comme des "gens normaux et insérés dans la société civile", selon une source proche de l'enquête jointe par franceinfo. "Ils ne sont ni proches de l'extrême gauche, ni de l'ultra-droite", a précisé cette même source, indiquant qu'il n'y avait aucun lien non plus avec le terrorisme islamiste. Ils auraient agi pour un mobile "crapuleux", avec l'ambition d'obtenir une forte rançon de l'État. D'après nos informations, l'un des mis en cause aurait rencontré, au moment des faits, d'importantes difficultés financière avec sa société. C'est dans ce contexte que ce plan aurait été imaginé.

Combien de temps peut durer leur garde a vue ?

L'information judiciaire ouverte le 18 février 2004 l'avait été pour "association de malfaiteurs terroristes", mais aussi pour "menaces de destruction sous conditions et infraction à la législation sur les explosifs en relation avec une entreprise terroriste". De ce fait, la garde à vue des trois personnes interpellées mardi matin peut durer jusqu'à quatre jours.