Après avoir été qualifiée de "salope fascisante", Marine Le Pen déboutée contre Nicolas Bedos

La présidente du Front national avait engagé des poursuites pour injure contre l'humoriste.

Marine Le Pen, présidente du FN, à Metz (Moselle), le 9 mars 2015.
Marine Le Pen, présidente du FN, à Metz (Moselle), le 9 mars 2015. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

"Salope fascisante" : après avoir été qualifiée ainsi par l'humoriste Nicolas Bedos dans l'hebdomadaire Marianne, le 14 janvier 2012, la présidente du Front national Marine Le Pen avait engagé des poursuites pour injure. Elle a été déboutée, mercredi 18 mars, par la cour d'appel de Paris.

Dans une chronique, Nicolas Bedos évoquait les expulsions menées l'année précédente, sous la présidence Sarkozy, alors que Claude Guéant était ministre de l'Intérieur : "La droite entend ainsi lutter contre la montée de l'extrême droite. 'Ne laissons pas le terrain à Marine, la VRAIE méchante' (...) Sauf que personne n'empêchera quelques idéalistes rigides de penser qu'à force de singer la salope fascisante, celle-ci est déjà au pouvoir: (...) on l'appelle Claude Guéant."

Une relaxe en première instance

Marine Le Pen a porté plainte, mais n'a souhaité que soit poursuivi que le terme "salope". Le directeur de publication de Marianne, Maurice Szafran, était poursuivi pour "injure" et Nicolas Bedos, auteur de la chronique, pour "complicité". Ils avaient été relaxés en première instance, mais Marine Le Pen avait fait appel.

La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a estimé qu'il était "parfaitement clair pour tout lecteur que la chronique en cause se situe dans un registre aux accents délibérément provocateurs et outranciers, revendiqué comme tel". Pour le tribunal, ce style "pamphlétaire" n'est pas contradictoire avec la "polémique politique" accusant Claude Guéant - lui-même décrit comme "une tête de bite sous Prozac" - de "singer" l'extrême droite.