Alain Soral condamné à un an de prison ferme pour avoir qualifié le Panthéon de "déchetterie casher"

En janvier, l'essayiste d'extrême droite avait été condamné pour avoir injurié une magistrate et tenu des propos antisémites sur son site internet, puis en avril pour négationnisme et en septembre, il avait été condamné à 18 mois ferme à Bobigny pour un clip de rap antisémite.

Alain Soral, le 12 mars 2015, au tribunal de grande instance de Paris.
Alain Soral, le 12 mars 2015, au tribunal de grande instance de Paris. (LOIC VENANCE / AFP)

Nouvelle condamnation à de la prison ferme. L'essayiste d'extrême droite Alain Bonnet, dit Soral, a été condamné à un an de prison ferme, mercredi 2 octobre à Paris, pour avoir qualifié le Panthéon de "déchetterie casher" dans une vidéo postée l'an dernier sur son site internet. En septembre, il avait été condamné à 18 mois ferme à Bobigny pour un clip de rap antisémite.

Alain Soral, 60 ans, qui n'était pas présent à l'audience en juin, a été reconnu coupable d'injure publique antisémite et de provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers les juifs. Le tribunal correctionnel a suivi les réquisitions du parquet, dénonçant sa "haine obsessionnelle persistante" et "sans la moindre inhibition" envers les juifs.

Le tribunal a également ordonné le retrait de la vidéo lorsque la condamnation sera définitive. Alain Soral devra en outre verser 1 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme et un euro symbolique à trois autres associations antiracistes parties civiles.

Le terme "déchet" renvoie à la "déshumanisation"

"On a toute la famille Veil qui vient d'y rentrer, et puis là ils veulent peut-être presque nous mettre Lanzmann" (ancien résistant et réalisateur du documentaire Shoah), "c'est une véritable déchetterie casher", avait déclaré Alain Soral dans une vidéo postée après l'inhumation de Simone Veil et de son époux Antoine au Panthéon, le 1er juillet 2018. 

Le terme de "déchet" ou "déchetterie" "renvoie dans le contexte à la déshumanisation subie par les juifs telle que décrite par les survivants et témoins des camps, et plus spécialement des camps de la mort comme celui qu'a connu Simone Veil", ont souligné les juges. Alain Soral ne recule pas "devant le fait de salir et de poursuivre par-delà la mort" les victimes du nazisme, "par le choix de ses mots qui sont la prolongation d'actes de mort et qui sont en eux-mêmes actes de haine et de provocation", a estimé le tribunal dans sa décision.

Les peines suspendues en attendant l'appel

Alain Soral, déjà condamné à de multiples reprises, s'était vu infliger la même peine d'un an ferme en janvier à Bobigny pour avoir injurié une magistrate et tenu des propos antisémites sur son site internet, puis en avril à Paris pour négationnisme. 

La condamnation d'avril avait été assortie d'un mandat d'arrêt que le parquet avait refusé d'exécuter, le jugeant dépourvu de base légale. Le procès en appel se tiendra en janvier. En l'absence de mandat d'arrêt ou de dépôt, les appels d'Alain Soral suspendent l'exécution de ses peines d'emprisonnement. Dans l'hypothèse où ces peines seraient confirmées en appel et ses pourvois en cassation rejetés, il pourrait théoriquement aller en prison.