L'essayiste d'extrême droite Alain Soral condamné à payer 134 400 euros à la Licra

Il était poursuivi pour avoir remis en vente un ouvrage antisémite. Paru pour la première fois en 1892, "Le Salut par les Juifs" de Léon Bloy avait été réédité par la maison d'édition d'Alain Soral et mis en vente sur son site internet en 2013.

Alain Soral au Palais de justice de Paris, le 12 mars 2015.
Alain Soral au Palais de justice de Paris, le 12 mars 2015. (LOIC VENANCE / AFP)

Alain Soral a été condamné par la cour d'appel de Paris à payer 134 400 euros à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), selon une décision consultée par l'AFP, samedi 26 septembre. L'essayiste d'extrême droite était poursuivi pour avoir remis en vente un ouvrage jugé antisémite.

Paru pour la première fois en 1892, Le Salut par les Juifs de Léon Bloy avait été réédité par la maison d'édition d'Alain Soral et mis en vente sur son site internet en 2013, dans la collection "Les InfréKentables".

La Licra avait saisi la justice et le tribunal de Bobigny avait ordonné le retrait de quinze passages jugés antisémites, sous peine d'une amende de 300 euros par jour de retard. La maison d'édition avait estimé "impossible" de "caviarder" l'ouvrage pour en retirer les passages incriminés et l'avait retiré de la vente pendant plusieurs années.

Mais, en 2018, le site internet avait indiqué sur la page consacrée au livre que "les ouvrages que la Licra et d'autres veulent faire caviarder par décision de justice sont toujours en vente dans leur version non censurée".

Application de la décision de 2013

La Licra a alors saisi le juge de l'exécution du tribunal de Bobigny pour faire appliquer la décision de 2013. Ce dernier leur a donné raison, ainsi que la cour d'appel de Paris, qui fixe dans sa décision de jeudi le montant de l'amende à 134 400 euros.

Ce n'est pas la première fois qu'Alain Soral, 61 ans, est condamné pour de tels faits. Le 18 septembre, il a été condamné à trois amendes, avec possibilité de prison en cas de non-paiement, notamment pour avoir imputé aux juifs l'incendie de Notre-Dame de Paris. En octobre 2019, il a été condamné à un an de prison ferme pour avoir qualifié le Panthéon de "déchetterie casher". En septembre 2019, il a été condamné à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme pour avoir mis en ligne un clip de rap antisémite. En avril 2019, il a été condamné à un an de prison ferme pour contestation de l'existence de la Shoah.