Affaire Zeitouni : cinq ans de prison ferme pour le chauffard Eric Robic

Le conducteur de la voiture qui a renversé une jeune Israélienne, à Tel Aviv en 2011, a été condamné à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris.

Eric Robic (G) et Claude Khayat (D), lors de l\'audience du 27 novembre 2014, au tribunal correctionnel de Paris.
Eric Robic (G) et Claude Khayat (D), lors de l'audience du 27 novembre 2014, au tribunal correctionnel de Paris. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Le conducteur de la voiture qui a renversé une jeune Israélienne, à Tel Aviv en 2011, a été condamné à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris, mercredi 3 décembre. Lee Zeitouni, jeune prof de gym et de yoga de 25 ans, avait été tuée en traversant la rue sur un passage piéton au petit matin du 16 septembre 2011, fauchée par la BMW X6 d'Eric Robic, lancée à plus de 100 km/h dans une zone limitée à 50.

 

La peine a été assortie d'un mandat de dépôt (incarcération immédiate). Le passager de la voiture, Claude Khayat, a lui écopé d'une peine de 15 mois ferme. Le procureur avait requis six ans de prison ferme contre EricRobic, dont il a fustigé "l'immoralité totale", et trois ans de prison, dont un ferme, pour Claude Khayat.

Un "geste de lâcheté"

 

Les deux hommes avaient pris la fuite et s'étaient réfugiés en France immédiatement après l'accident. Or Paris n'extrade pas ses ressortissants, hors Union européenne, et l'émotion avait été vive en Israël. A tel point que Nicolas Sarkozy, alors président, avait évoqué l'affaire et son épouse, Carla Bruni, écrit à la famille de la jeune femme pour lui assurer que la France faisait le maximum pour que justice soit faite.

 

Robic, qui a reconnu avoir bu avant l'accident, conduisait beaucoup trop vite et "faisait le fou" avant l'accident, a dénoncé le procureur Henry Guyomar. Il "ne peut pas ne pas être conscient qu'il joue avec la vie des autres", dans le seul but de "se sentir affranchi de toutes les règles, flatter sa vanité, son sentiment de puissance". Il a aussi éreinté la fuite, "geste de lâcheté et d'une grande dissimulation".

 

Claude Khayat, lui, avait "pleinement conscience du risque qu'il y avait à laisser conduire Robic" dans son état, après une nuit blanche dans les bars et boîtes de nuit. Il a en outre "immédiatement perçu la gravité de l'accident".

Les deux parties satisfaites du jugement

 

Les avocats des deux condamnés se sont félicités d'une "bonne justice" rendue, "sans céder aux pressions", et ont indiqué que leurs clients ne feraient pas appel. Me Gilles-William Goldnadel, avocat de la famille Zeitouni, s'est aussi félicité. "La justice est passée. Mais ils [les proches de la victime] restent avec leur chagrin". Les parents de Lee Zeitouni, en larmes, n'ont pas fait de commentaires, mais son fiancé, Roy Peled s'est dit "satisfait", estimant que "la justice française a fait ce qu'elle devait faire".

Le procès, qui s'était ouvert jeudi dernier, avait été renvoyé après que l'avocat de Claude Khayat a été agressé dans les toilettes du palais de justice de Paris par un inconnu qui lui a asséné un coup de poing à la mâchoire avant de s'enfuir.