DIRECT. Affaire Tarnac : après une enquête controversée, le procès s'ouvre à Paris

Huit membres du "groupe de Tarnac", présenté comme proche de l'ultra-gauche, comparaissent pour une dégradation d'une ligne SNCF et des manifestations violentes.

La ville de Tarnac (Corrèze), le 8 mars 2018.
La ville de Tarnac (Corrèze), le 8 mars 2018. (PASCAL LACHENAUD / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Le procès dit du "groupe de Tarnac" (Corrèze) débute ce mardi 13 mars devant le tribunal correctionnel de Paris. D'abord mis en cause pour "terrorisme" en 2008, huit membres de ce groupe présenté comme proche de l'ultra-gauche comparaissent pour une dégradation d'une ligne SNCF et des manifestations violentes, des accusations qu'ils réfutent en dénonçant un procès politique. Le procès est prévu jusqu'au 30 mars.

Parmi les prévenus renvoyés figurent Julien Coupat, 43 ans, présenté comme le théoricien du groupe, son ex-compagne Yildune Lévy, 34 ans, Elsa Hauck, 33 ans, et Bertrand Deveaud, 31 ans. Poursuivis pour "association de malfaiteurs", ils encourent dix ans de prison. Les quatre autres prévenus doivent eux répondre de délits mineurs comme le recel de documents volés ou le refus de se soumettre à un prélèvement biologique.

 La justice reproche aux principaux prévenus d'avoir, sur le fondement d'une idéologie développée dans un livre qui leur est attribué, L'insurrection qui vient, participé au sabotage d'une ligne SNCF à Dhuisy (Seine-et-Marne) et organisé des actions violentes contre des intérêts de l'Etat, notamment le 3 novembre 2008 lors d'une manifestation à Vichy (Allier).

La défense dénonce une instrumentalisation du dossier. La présidente du tribunal correctionnel sera confrontée aux critiques de la défense, qui conteste les méthodes utilisées par les enquêteurs pour répondre aux attentes du pouvoir. Des critiques que fait également Marcel Gay, journaliste et auteur de la contre-enquête Le coup de Tarnac. "J'ai lu l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, et en dix ans, la police anti-terroriste ne nous apporte pas le plus petit élément de preuve de l'implication des huit prévenus dans les sabotages des lignes TGV qu'on leur reproche", affirme-t-il à franceinfo. "Je crois qu'on est devant la version moderne du procès en sorcellerie", ajoute-t-il. 

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #TARNAC

23h50 : Dix ans après les faits, le procès du "groupe de Tarnac" a débuté aujourd'hui. L'affaire a débuté avec des accusations de terrorisme. Et comme le souligne le journaliste Marcel Gay, auteur de la contre-enquête Le coup de Tarnac, le dossier s'est considérablement aminci. "Il n'y a aucune preuve", assène-t-il sur franceinfo. "On est devant la version moderne du procès en sorcellerie".

Panneau de signalisation de la ville de Tarnac, en Corrèze.


(PASCAL LACHENAUD / AFP)

22h50 : Voici le petit best of de franceinfo, ce soir :

On vous résume l'affaire de "groupe de Tarnac", un dossier qui s'est beaucoup dégonflé au fil des années.

On vous raconte comment les salles de concerts qui accueillent Bertrand Cantat font face à la pression.

On vous rend compte du sixième jour d'audience au procès de Jacques Rançon, où il a été question du meurtre de Mokhtaria Chaïb, 19 ans.

18h56 : C'est une mesure exceptionnelle dans les procès. Le tribunal correctionnel de Paris vient de décider de se déplacer le 23 mars sur les lieux du sabotage d'une ligne SNCF pour lequel certains des membres du "groupe de Tarnac" sont poursuivis. Les juges accèdent ainsi à la demande de la défense de Julien Coupat et de son ex-compagne Yildune Levy.

18h46 : Après délibération, le tribunal correctionnel de Paris vient de décider de se déplacer à Dhuisy, en Seine-et-Marne, le 23 mars prochain, là où la ligne du TGV Est avait été sabotée en 2008.

16h00 : Jérémy Assous est notamment l'avocat de Julien Coupat. Avant l'ouverture du procès, il a accordé une interview à France 3 Nouvelle Aquitaine, dans laquelle il détaille sa stratégie de remettre en cause l'impartialité de la police et de la justice dans cette affaire.

15h57 : Au procès de Tarnac, l'avocat de plusieurs prévenus demande que le tribunal se déplace à Dhuisy (Seine-et-Marne), sur les lieux du sabotage reproché à plusieurs membres du groupe. L'avocat espère démontrer que des policiers qui ont écrit avoir assisté aux actes ont menti et ne pouvaient pas se trouver sur les lieux. Le procureur ne s'oppose pas à ce déplacement.

14h33 : Pour ce procès, la défense du groupe de Tarnac a souhaité qu'une cinquantaine de témoins soient entendus, dont certains noms prestigieux comme le président de la SNCF, Guillaume Pepy, et la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michelle Alliot-Marie. Sans surprise, ils ne viendront pas.

14h26 : Les huit prévenus du "groupe de Tarnac" sont accompagnés de soutiens nombreux et bruyants, qui n'ont pas tous pu entrer dans la salle d'audience, rapportent les journalistes sur place.

13h54 : Parmi les prévenus renvoyés figurent donc Julien Coupat, 43 ans, présenté comme le théoricien du groupe, son ex-compagne Yildune Lévy, 34 ans, Elsa Hauck, 33 ans, et Bertrand Deveaud, 31 ans. Poursuivis pour "association de malfaiteurs", ils encourent dix ans de prison. Les quatre autres prévenus doivent eux répondre de délits mineurs, comme le recel de documents volés ou le refus de se soumettre à un prélèvement biologique.

13h51 : Les prévenus sont arrivés quelques minutes plus tôt, dont le chef de file du groupe, Julien Coupat, dans une cohue filmée par notre journaliste Delphine Gotchaux. Vous pouvez suivre le procès dans ce direct.

13h47 : Le procès de huit membres du "groupe de Tarnac" s'ouvre à Paris.

13h22 : De son côté, Julien Coupat parlait pour la première fois à visage découvert dans un numéro d'"Envoyé Spécial", jeudi dernier. Voici l'entretien dans son intégralité.

13h22 : Les deux protagonistes de l'affaire Tarnac se sont exprimés ces derniers jours. "La manipulation ici est policière", a assuré Yildune Lévy, ancienne compagne de Julien Coupat et membre du groupe, hier sur France Inter. "Les policiers écrivent noir sur blanc qu’on savait qu’on était suivis et on veut faire croire que deux personnes qui se savent suivies vont commettre une infraction ? Qui peut croire une bêtise pareille ?"

14h04 : Le procès de huit membres du "groupe de Tarnac" s'ouvre cet après-midi à Paris, et doit durer plus de deux semaines. Il y a dix ans, Julien Coupat et ses comparses étaient présentés comme de dangereux terroristes "d'ultragauche". Depuis, la qualification de terrorisme a été abandonnée, et ils ne seront jugés que pour des dégradations de lignes TGV et des manifestations violentes. Le procès pourrait être celui de l'enquête autant que des accusés. Vincent Daniel rappelle comment cette procédure s'est dégonflée.




(THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

12h45 : C'est l'heure de la pause déjeuner, et vous avez peut-être un peu plus de temps pour vous plonger dans nos meilleurs articles et vidéos du jour. Voici une sélection :

Alors que la ministre des Outre-mer Annick Girardin effectue une visite mouvementée à Mayotte, dans la quatrième semaine d'un grand mouvement de contestation, nous avons interrogé des habitants sur la situation. Ils témoignent d'une pauvreté et d'une pression démographique qui gangrènent une société poussée vers la violence.

Il y a dix ans, la France découvrait le village de Tarnac, fief du "groupe de Tarnac" auquel appartiennent Julien Coupat et Yildune Lévy. Alors que s'ouvre leur procès, et que les accusations de terrorisme n'ont finalement pas été retenues par la justice, la petite bourgade de Corrèze a toujours un sentiment partagée sur l'affaire. Franceinfo s'y est rendu.




(PASCAL LACHENAUD / AFP)


Les bacheliers ont jusqu'à 18 heures pour déposer leurs vœux sur Parcoursup, la nouvelle plateforme censée corriger les défauts d'APB. Mais le nouveau système reste complexe et soulève de nombreuses questions chez les élèves et les parents. Nous y avons répondu dans cet article.




(MAXPPP)

07h29 : Nous vous le disions tout à l'heure : plusieurs membres du "groupe de Tarnac" – le nom du village de Corrèze où ils vivaient – comparaissent aujourd'hui devant le tribunal pour le sabotage d'une ligne de TGV en 2008. Près de dix ans après ce qui ressemble à un fiasco judiciaire, les habitants de Tarnac sont toujours divisés. Voici notre reportage sur place.




(PASCAL LACHENAUD / AFP)

06h14 : La semaine dernière, Julien Coupat s'est exprimé pour la première fois face à une caméra dans "Envoyé spécial". L'émission revient sur les erreurs de cette enquête ultra-médiatique.

(FRANCE 2)

06h09 : Parmi les prévenus renvoyés figurent Julien Coupat, 43 ans, présenté comme le théoricien du groupe et son ex-compagne Yildune Lévy, 34 ans. La justice reproche aux principaux prévenus d'avoir, sur le fondement d'une idéologie développée dans un livre qui leur est attribué (L'insurrection qui vient), participé au sabotage d'une ligne SNCF à Dhuisy (Seine-et-Marne). Ils encourent dix ans de prison.